17.02.2009

Cette semaine sur le blog des femmes engagées

Nous avons choisi cette semaine de répondre à la question : Pourquoi nous sommes-nous engagées?

A lire :

- L'engagement un don de soi, gratuit par M, Le Rocrocodile kinépeuthe

- Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient… par Laure Leforestier

- S'engager, par Annnie Day

- Une promesse, un devoir par Hypos

- Pourquoi je me suis engagée par Alluvions

- De l'étincelle au coeur embrasé par Nelly Margotton

- Engagement, par CC

- Et si on jouait collectif ? par femme de George(s)

- Les sources de l'engagement ? par Trublyonne

Les sources de l'engagement ?

347042.jpgL'idée m'a trotté dans la tête la semaine dernière.
Pourquoi me suis-je engagée ?
A cause de qui ? De quoi ?
On va commencer par le plus simple : à cause de qui ?
Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent bien.
A cause d'une femme engagée elle aussi.
Engagée dans un combat qui était peut être perdu d'avance mais que j'ai mené à ses côtés du mieux que j'ai pu.
Il s'agit bien sûr de Segolène Royal.
La conjonction de plusieurs facteurs aussi : elle, l'adhésion à 20 euros et l'idée qu'il fallait que je vois un peu comment ça se passait de l'intérieur.
Engagée je l'étais déjà d'ailleurs.
Dans le secteur associatif ou beaucoup de femmes se retrouvent afin de faire vivre leur quartier.
Peu d'entre elles osent franchir le pas pourtant.
Je l'ai déjà exprimé quelque part. Beaucoup de femmes dans toutes les associations de quartier et moins d'hommes bien sûr.
De l'autre côté, beaucoup d'hommes en politique et peu de femmes.
Comme si le fait de monter un cran au dessus leur faisait peur.
J'en connais pourtant beaucoup qui auraient la capacité de le faire.
Sans doute aussi que le monde politique, beaucoup plus dur que le monde associatif, leur fait peur.
Alors voilà, parce que j'avais quelques convictions et un grand désir d'avenir, j'ai osé le faire.
Rejoignant par là même quelques femmes que je cotoyait depuis longtemps et dont le courage et l'énergie m'ont toujours étonnée.
Je nommerai juste ici Marie-Françoise Deharo, actuellement 2ème adjointe à la Mairie du 8ème avec qui j'ai la chance de travailler sur la Culture depuis les municipales.
Elle a été la première à qui j'ai montré mon bulletin d'adhésion au PS, fière comme une gamine qui vient d'avoir un bon point.
Après, en allant gratter plus profond, j'ai toujours trouvé normal de m'engager. Déléguée parents d'élèves quand mes enfants étaient petits, présidente d'un choeur amateur ensuite.
Pourtant s'engager n'est pas une démarche normale pour beaucoup de concitoyens.
Cet engagement, paradoxalement, je pense qu'au fond de moi, je le dois à un homme : mon père. Un homme qui s'occupe d'une section de football à la FSGT des Hauts de Seine et qui à 81 ans malgré des problèmes de santé persistants continue à y aller qu'il neige ou qu'il vente. Je n'avais jamais vraiment réfléchi à ça mais je le remercie de m'avoir donner cet exemple même s'il m'a dégouté du foot à jamais. On ne peut pas tout avoir.
Un père de gauche dans une famille plutôt de droite qui m'a donné  sans m'en rendre l'envie de continuer de suivre sa trace même si je sais qu'au fond de lui il aurait préféré avoir un garçon.
Cette dernière constatation m'amuse un peu parce qu'au fond, si ça se trouve, mon engagement n'est simplement du qu'à ça : prouver à mon père que bien que je sois une femme je suis capable de faire aussi bien et même mieux que le fils qu'il aurait eu.
Voilà ça y est, j'ai trouvé : mon engagement je le dois au petit frère qu'on m'a enlevée un jour parce que la famille avait décidé que deux enfants c'était trop dans une période difficile. Je le dois à l'absence, au manque et au fait que jamais je ne me résignerai. Jamais.

Nous résigner ? Comment le pourrions-nous face au monde tel qu'il va. Chaque fois il semble plus violent, plus inégalitaire, plus risqué, plus contradictoire. La production de richesses est là et pourtant les destins sociaux n'ont jamais semblé aussi scellés et rigides. Les individualités n'ont de cesse de vouloir s'exprimer et pourtant le besoin de règles collectives n'a jamais été aussi intense. Les énergies doivent être libérées mais pas au prix d'un démantèlement des protections et des sécurités sociales. Notre maitrise technologique n'a jamais été aussi forte et pourtant nous n'avons jamais été aussi fragiles face au désordres climatiques et environnementaux que nous provoquons. Alors oui, le socialisme est plus que jamais une idée neuve pour le XXIème siècle.

Source photo : Zyeuter

16.02.2009

Engagement ?

Prendre un pseudo pour parler de politique sur internet, est-ce qu’on peut appeler ça de l’engagement ? Bonne question…

2086765013_5d131f8c1b_o.jpgL’engagement ne se limite pas à ça, pour moi. Certes écrire ses idées publiquement constitue un acte important. Diffuser ses idées, c’est un engagement. En effet, un artiste engagé, par exemple, commence par ça. Ecrire un livre, une chanson, porter un discours devant un public…

Mais il va de soi que s’engager, pour moi, c’est aussi faire parti du conseil d’administration de mon collège, c’est aussi faire parti d’associations locales, c’est aussi signer et diffuser des pétitions que l’on estime justes…Les petites rivières font les fleuves…

D’où cela me vient-il ?3207040101_9fab713d27_m.jpg

L’engagement est un atavisme.

Mon père m’a montré l’exemple. Militant agricole, comme son propre père, engagé syndical à la confédération paysanne, mais pas seulement engagé syndical, engagé concrètement au sein de plein d’organismes agricoles. Il a fait bougé beaucoup de choses au cours de sa carrière…Il s’est engagé au quotidien pour une agriculture responsable, plus respectueuse de la nature, des consommateurs et des paysans eux-mêmes.

Pour moi, il est naturel de défendre ce à quoi on croit.

L’engagement est une histoire de grands chocs.

Deux grands événements m’ont suffisamment choquée pour que je fasse le choix de m’intéresser à la politique et à l’engagement.

Le premier, c’est un certain jour d’avril 2002 où Jean-Marie Le Pen arriva au deuxième tour de l’élection présidentielle.

J’étais jeune. Je pensais sincèrement que la bête immonde était morte. Je pensais que les leçons de l’Histoire étaient apprises…

3225296668_44889e8139_o.jpgJ’ai marché dans les rues, aux côtés de milliers de manifestants. J’ai pris l’ampleur de la tâche : faire vivre une démocratie, une vraie, cela nécessite une participation de chacun…

Le deuxième choc, c’est l’élection de Sarkozy. J’ai suivi de près la campagne électorale. J’ai vu autour de moi contre quoi et pour quoi les gens ont voté. Je suis restée persuadée que c’était pour de mauvaises raisons. Je suis restée sur l’impression amère que la démocratie avait encore perdu.

Si je tente d’apporter, un peu, modestement…ma pierre à l’édifice, c’est par ce que la démocratie a besoin de débats. Elle a besoin que les citoyens s’expriment et se documentent.

Il faut aussi que ceux qui ont le temps et les moyens de le faire le fassent pour ceux qui sont englués dans le quotidien…

J’ai ce temps et cette capacité. Et avec mes petits moyens, j’essaie de faire réfléchir (tout en faisant rire, un peu, j'espère !)

C’est déjà un engagement.

CC

Et si on jouait collectif ?

J'ai gardé dans un de mes cahiers, cet interview de Josiane Balasko où elle répond au journaliste qui lui demande le  pourquoi de son engagement auprès des sans-papiers :

" ....bien sûr, on me rétorque "vous, vous êtes bien logée, vous vous en foutez", Mais c'est justement parce que je suis bien logée que je peux me battre sans rien demander en retour.
Ceux qui ont du fric ont le devoir de lutter pour ceux qui n'en n'ont pas."

Il y a bientôt deux ans, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République française pour 5 ans, il y a bientôt deux ans, ma vie prends un nouveau virage.
Je me dois de lui reconnaitre un qualité : son élection a réveillé en moi, la citoyenne qui se la coulait douce depuis ...toujours.
Je me suis dit que j'étais maintenant à la moitié de ma vie de femme, que j'avais la chance d'avoir
du temps, de l'argent, la santé, que j'avais fait le tour de mon nombril des centaines de fois, que je n'étais plus trop fâché avec mon petit moi et qu'il était temps que je passe à autre chose.

Que je rende un peu à ma cité, ce que j'avais eu la chance de recevoir tout au long  de ma vie malgré quelques sorties de route.

Pour moi l'engagement a deux sens complémentaires :
le premier, l'engagement comme conduite de vie :
mon blog, ici, ailleurs, l'écriture toujours, la prise de parole dans ma ville, le respect de mon environnement, de la vie en général et en particulier....
la conscience que seule je ne peux pas grand chose, mais que toi + toi + toi + vous + moi, on peut beaucoup plus.
Une histoire de petites rivières qui font les grands fleuves, n'est ce pas Hypos?

Le second lié à un acte précis, l'engagement comme acte :
je prends donc la décision de m'engager physiquement, de m'engager sans militer, militer n'est pas (encore) moi
et de faire quelque chose qui me trotte dans la tête depuis longtemps (mon parcours de vie sans doute),
faire de "l'accompagnement à personnes en fin de vie", en maisons de retraite et en soins palliatifs.

Un vieux fond de masochisme sans doute, je plaisante bien sûr.
En franchissant la porte de cette association, je n'imaginais pas l'ampleur et la difficulté de la tache....
L'aurais-je fais, si j'avais su ?
Probablement pas.
Probablement oui.
Depuis, je me prends quelques murs dans la face, je découvre l'aveuglement, le manque de moyens et la force d'inertie de certaines administrations et autres hopitaux de mon pays, mais au final, je reçois beaucoup  plus que je ne donne et  comme me l'a si joliment écrit mon référent dans cette association,
je tente de poursuivre ce chemin, ce choix, en gardant mon enthousiasme et en acceptant le plus "sereinement" possible mes limites.

Pas simple. Et je ne sais pas pour combien de temps encore....


Je crois que s'engager, c'est décider de sa trajectoire de vie, c'est "s'engager" dans une voie précise....
Mais  Sartre nous dit aussi que l'engagement quel qu'il soit, c'est "affirmer la valeur de  ce que nous choisissons", et que
la question n'est pas de savoir si l'on doit s'engager ou non, puisque
" tout existant est inévitablement engagé."
"Nous sommes condamnés à être libre, parce que nous sommes condamnés à choisir, même si notre choix est de ne pas choisir. "
Mais au final,
"l'homme n'est jamais plus libre que dans l'engagement",
et je ne me suis jamais senti aussi libre,
un peu vieille, un peu ridée, un peu boiteuse parfois, mais libre.

Allez sur ces bonne  paroles, je m'en vais reposer mes quelques neurones épuisés d'avoir philosopher de si bon matin.

Bonne journée vous !!!!

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La femme de Gorgio

L'engagement un don de soi, gratuit.

Qu'est ce qu'au fond l'engagement ? C'est un acte gratuit de don de soi, l'engagement ne s'achète ni se monnaye.

Lorsqu'un couple décide de s'unir et de fonder une famille c'est un engagement vis à vis de la Vie, de leurs vies et celles à naître. La mère met au monde son enfant, son engagement avec le père, face à la vie, sera de l'aimer, le nourrir et lui apporter les besoins nécessaires à son apprentissage son évolution et sa croissance.

Lorsque l'Homme s'engage en politique il s'engage à porter un message et faire passer des idées.

Lorsque l'Homme décide, à tout âge de donner de son temps pour une association caritative, pour porter et développer un projet, pour aider son prochain c'est son engagement.

Lorsque l'Homme se retire de lui même de la société pour prier dans un monastère ou couvent, c'est son engagement face à la Vie.

Lorsque la Vie te donne le don de guérir et soigner, d'aimer, de partager et transmettre, donne et ne vend pas.

Quand un médecin, une infirmière pose un congé humanitaire, c'est un engagement fort dans sa vie pour le mettre à la disposition de ceux qui en ont le plus besoin.

Quand la petite mamie arrondie sous le poids des ans, brinquebalante sur ses petites jambes fragiles sort chaque matin et chaque soir en tous temps donner à manger aux chats délaissés dans les rues de ton quartier, c'est son engagement.

Quand l'Homme s'engage dans la gendarmerie, la Police ou la Défense c'est pour protéger les siens et non démolir et écraser son prochain, sans quoi il peut très bien aller s'amuser ailleurs écraser les mines qui défigurent les enfants.

Quand le peintre, le photographe, le sculpteur, l'Artiste expose ses créations, c'est un don qu'il offre aux regards des autres.

Quand le journaliste parcourt le monde risquant sa santé chaque jour sur le terrain pour actualiser l'information auprès de nous, c'est son engagement.

Quand le blogueur relaie les informations glanées ça et là, relaie les actions menées ça et là, relaie, propulse l'Homme, ses idées et ses actions aussi humanitaires soient elles, c'est son engagement, c'est mon engagement.

Quand je décide ici de partager avec vous ce film magique, c'est propulser mes amies Horia et Christie qui sont des femmes très créatives et mènent toutes deux un projet personnel puissant. Avec leurs petites mains, leur sourire, leur coeur et leur bonté sans limite, avec le peu qu'elles ont, elles préparent un projet grandiose avec très peu de moyens. Parce que j'admire Horia et Christie et que je soutiens leurs projets personnels créatif, parce que je sais que ce projet là, quand elles l'auront fini, ce seront les plus heureuses femmes au monde.

Personne ne le remarquera, ça ne sera pas écrit dans les plus grands tabloïds du monde entier, ça ne changera pas non plus la face du monde, leur projet c'est "leur bébé", c'est aussi l'accomplissement de soi.

Christie est dans son cheminement personnel, et si aujourd'hui elle a choisi de déscolariser son fils parce que l'Education Nationale ne prend pas en compte l'éducation scolaire des enfants différents en France, ce n'est pas pour rien, et je l'encourage dans son projet d'Ecole pour tous : que ceux qui ont des moyens se mettent en contact avec elle.

Pour Horia et Chistie et pour tous ceux qui mènent à bien leurs projets, font bouger les idéologies, font bouger l'humanitaire, savent se fédérer entre eux et faire avancer le monde, alors oui, pour eux je m'engage à les relayer sur mon blog, pour eux je me suis engagée à travailler avec mes collègues blogueuses Hypos, Bah by CC, Annieday, Laure, Trublyonne, Quitterie, Nelly, Olympe, Mrs Clooney.

Nous sommes tous des milliers et milliards de petites gouttes d'eau, d'êtres de lumière anonymes, notre faculté à nous fédérer fera avancer des idées, des projets, le monde. L'engagement doit se respecter, nous nous devons de respecter, porter, soutenir et aider les engagements des autres.

Quand l'Enfant rit aux éclats et sourit c'est l'Humanité toute entière qui sourit de bonheur.

"Avec le temps et la patience, la feuille du murier devient de la soie" (proverbe chinois)

Horia est créatrice réalisatrice et défend le cinéma d'auteur


SousLesPonts
envoyé par horia

Définitions Wikipedia

L'engagement est une attitude qui consiste à intervenir dans la vie de la cité. Il s'agit d'un mode de vie, d'une manière de voir l'existence qui transcende toutes les disciplines.

L'homme est un individu de sexe masculin de l'espèce Homo sapiens ou être humain.Le terme "Homme" est aussi utilisé pour désigner l'espèce humaine.

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M, Le Rocrocodile kinépeuthe

Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient…

Je me suis toujours intéressée à la politique ; je me suis longtemps méfiée des partis. Un jour, j’ai décidé de m’engager pour ma ville en ralliant la liste d’un candidat aux municipales. L’homme que j’avais décidé de suivre me paraissait honnête, tenait un discours où s’affirmait une vraie vision de la cité et faisait preuve d’une ouverture d’esprit qui n’est pas toujours chose commune dans le monde de la politique. Il me proposait d’agir dans mon domaine de compétences et j’ai vu dans cette offre une belle opportunité de passer du côté de l’action plutôt que de me cantonner aux revendications.

 

Une fois élue et investie d’une délégation, j’ai vite réalisé les limites du pouvoir politique, y compris dans la sphère municipale. Il y a ce que l’on croit possible et puis il y a une foule d’obstacles, la réalité des contraintes administratives, les faibles marges de manœuvre financières, la co-existence parfois pénible avec les égos surdimensionnés de quelques collègues, la bêtise crasse d’autres, sans oublier l’esprit de cour qui règne dans l’entourage du Maire. J’ai bien rapidement senti aussi à quel point un mandat municipal était sans aucun doute le plus dur de tous les mandats. Il faut dire que l’élu municipal est souvent le seul interlocuteur des citoyens et qu’il essuie leurs récriminations et leurs exigences sans souvent pouvoir apporter une réponse concrète à leurs demandes. L’exaspération du citoyen face au politique est telle que le premier venu vous envoie dans la figure toute sa rancœur accumulée. N’empêche, je me suis éclatée pendant ce mandat parce j’ai eu le sentiment de réaliser quelquefois des actions pour ma ville dont je suis toujours fière aujourd’hui.

 

Vint le temps des présidentielles 2007 et ce fut seulement à ce moment là que je me décidais à sauter le pas et à prendre la carte d’un parti dont j’ai défendu les couleurs pendant les législatives qui ont suivi. Période très difficile à vivre avec son lot de trahisons et de désillusions. Je n’ai pas plus envie que ça de m’étendre sur l’année qui a suivi, tout est raconté quasiment au quotidien sur mon blog. Vingt fois j’ai voulu partir et pourtant je suis restée jusqu’ici. Ce qui m’a empêchée de claquer la porte définitivement d’un parti politique ? En premier lieu certainement le sentiment depuis la dernière présidentielle que l’heure n’est plus à la neutralité quand je constate quasiment chaque jour les attaques répétées sur une idée que je me fais d’un Etat français laïque et républicain. Mais aussi ces quelques rencontres de personnes qui partagent les mêmes idéaux et l’envie d’agir au sein d’un groupe.

 

Ce qui me fera peut-être un jour rendre ma carte du parti ?

L’écœurante constatation que les partis, quels qu’ils soient, sont des oligarchies dont le fonctionnement ne risque pas de promouvoir les meilleurs mais plutôt les plus habiles et les plus endurants. Ce n’est pas forcément l’envie d’agir qui motive les candidats à une mandature électorale, quelle qu’elle soit, mais bien trop souvent la nécessité de satisfaire un égo boursouflé.

La difficulté aussi de me plier à une discipline de parti quand il faut d’une seule voix à l’unisson s’accorder sur celle du chef.

 

Et la question qui me taraude actuellement et je ne suis pas la seule. S’engager, oui mais où et comment ?

Laure

S'engager

 

engagement.jpgExprimer clairement ses convictions et se battre pour elles.

Je me suis engagée de bonne heure. A vrai dire il devait déjà y avoir de l’engagement dans mon biberon.

Des engagements j’en ai eu beaucoup : politique, droits des femmes, social, …

Le printemps 2002 a été un choc à plus d’un titre. Et je me suis dit, petit à petit, que je ne pouvais plus rester une simple spectatrice qui ne s’engage qu’au moment de déposer un bulletin dans l’urne. Besoin de devenir actrice d’où mon adhésion au PS.

Mais mon engagement n’est pas que politique. Il se traduit dans mon quotidien, dans ma vie professionnelle aussi.

Pourquoi je suis engagée ?

Parce que je ne veux pas subir, parce que j’ai envie d’apporter ma modeste pierre à un édifice essentiel : tenter de préparer un monde meilleur pour les générations futures ou du moins empêcher que demain soit un enfer.

Oui je sais, ce n’est pas gagné hélas, mais j’y crois encore et toujours.

 

annnieday

Une promesse, un devoir.

Je reste de longues minutes sans savoir au juste ce que je peux répondre. J’ai perdu de vue les raisons initiales, celles qui un jour, il y a deux ans bientôt, m’ont aidé à franchir le seuil d’un parti politique.

Bien entendu, je me souviens des discours qui m’ont plu, de mon violent désir de faire barrage à Sarkozy, mais mon engagement actuel a un sens plus large que je n’arrive pas à définir….
Alors je vais  fouiller dans ma commode à souvenirs et je déplie des billets oubliés.

Dans le premier, je retrouve une définition de l’engagement.

  • Etymologiquement, " engagement " signifie " mettre en gage ". Il y a donc, au sens initial, une notion juridique de " contrat, de promesse, d’obligation ".
  • Au sens sociologique et philosophique, l’engagement peut être entendu au sens de " conduite, comportement " quand il s’applique à un mode d’existence par lequel l’individu s’implique activement dans le cours du monde, s’éprouve responsable de ce qui arrive et ouvre un avenir à l’action.
  • L’engagement peut être également compris au sens de " décision, choix " quand il désigne un acte par lequel l’individu oriente lui-même, par une action, le cours de sa propre existence. Dans cette conception, apparaît la notion de " libre-arbitre " et par conséquent, la forme pronominale devrait être, dans cette approche, systématiquement employée (S’engager ). L’engagement procède ici d’une pensée élaborée.
  • Au sens large, la pensée est l'activité psychique dans son ensemble, et d'une manière plus restreinte, elle désigne l'activité réfléchie de la raison qui organise un ensemble d'intuitions au service d'une finalité. (wikipedia).
  • Cependant, si l’on considère que l’ensemble de notre pensée est influencé par les idées qui modifient notre perception de l’expérience, chacun fonderait son engagement sur un " idéal " différent, découlant de sa propre perception de la réalité. (Idéal étant entendu ici comme " construction mentale " et non comme " modèle de perfection inaccessible "). Toute "pensée unique" serait donc à la base impossible.
  • L’engagement procède également de l’action. Dans cette conception, le terme d’engagement implique aussi la notion d’action pour atteindre cet " idéal ". Pour Charles KIESLER, qui pose les bases de la psychologie de l'engagement en 1971, "l'engagement est le lien qui unit un individu à ses actes". Pour lui, seuls les actes sont engageants.

Je me pose aussitôt des questions. Mon engagement relève-t-il de la promesse ? De l’obligation ? Du comportement ? Est-il choisi ou contraint ? Quel est mon idéal ? Mes actes sont-ils en cohérence avec mon engagement affirmé ?

Un autre vieux billet, dans lequel explose ma colère,  m’apporte une bribe de réponse.

lafemme.jpg" Nous avons profité comme des goinfres de ce que d’autres avaient acquis pour nous,  c’est à nous maintenant de relever nos manches !

Nous léguons à nos gosses une planète angoissante, souillée, cruelle. Et certains trouvent encore à se plaindre en songeant à leur maigre retraite de demain ? D’autres ratiocinent et ergotent sur des détails, pointent des doigts accusateurs sur leurs voisins basanés et sur une jeunesse mal élevée, tentent d’éteindre sous des flots d’arguties tout feu de contestation, se drapent dans leur dignité de vieux cons.

N’avons-nous pas honte de ce que nous sommes devenus ? Nous qui sommes à l’origine de cette perte des valeurs, de cet excès de tout que paieront demain les générations futures, n’avons-nous comme ambitions que de camoufler les magouilles des uns, les médiocrités des autres ?

Que restera-t-il de notre génération sinon la lie dans laquelle nous nous sommes vautrés, persuadés de notre bon droit, engoncés dans nos certitudes, ramollis par des décennies de confort ? Nous devrions être tous debout, en première ligne, pour refuser la langue de bois, pour affronter les vrais enjeux, pour assumer notre examen de conscience et nos responsabilités ! "


Je suis révoltée. Surtout contre moi-même. Contre la mollesse et le laisser-faire dont je fus coupable avec tant d’autres. Désormais, je me mets en travers du chemin au lieu de courber le dos, je regarde en face plutôt que de fermer les yeux, je lutte au lieu de tirer mon épingle du jeu.
C’est en effet une promesse, une obligation morale vis-à-vis de mes enfants.

Si je ne suis pas sous la pluie en train de distribuer des tracts comme je le fis un temps, c’est que je refuse de vendre de la soupe politicienne à d’autres et mon engagement prend aujourd’hui des formes étranges que je n’avais pas imaginées. La gouvernance de la France ravive tous les jours ma motivation, je suis persuadée qu’il faut faire de la place, ouvrir les bras, décloisonner,  partager avec son voisin, laisser de nouveaux visages prendre les rênes, renforcer le collectif plutôt que favoriser tel ou tel individu.

J’agis en ce sens à ma toute petite échelle, au quotidien, partout où je peux.  Et je me dis que si nous sommes nombreux à faire pareil, nous parviendrons à modifier le cours des choses.

Hypos

 

 

Pourquoi je me suis engagée

Au départ, je crois que c'est dans ma nature profonde.

Un je-ne-sais quoi de rebelle.

Parce que tout le monde n'a pas la force de se battre et que c'est à ceux et à celles pour qui cela semble évident de le faire.

 

Je me suis engagée parce que la misère qui ne devrait plus exister prend de l'ampleur et que si je  montre l'exemple, mon fils fera peut-être la même chose.

Et il ose dire ce qu'il pense, il ose dire ce qu'il veut.

 

Il n'ose pas encore être lui-même mais cela viendra.

 

Et  surtout, la meilleure éducation est de faire ce que je dis, parce qu'au bout du compte, pas seulement Fiston, mais son entourage, comprend que l'on peut ne pas tout accepter et que nos droits seront toujours défendus par ceux qui se prendront en charge.

 

Parce que jamais rien n'est acquis et que l'avenir de l'homme reste sa vigilance et son éveil à l'autre...

 

Parce que la vie est souvent un long combat pour la Vérité parce qu'il y aura sans doute toujours quelqu'un pour remettre en cause ce qui ne lui convient pas.

 

Parce ainsi va le monde et qu'il vaut mieux ne jamais s'endormir.

Parce que d'autres avant moi, ont fait des rêves et que, par respect pour eux nous devons nous lever chaque fois que la situation l'exige.

 



 

Parce que je suis une utopiste..

Une idéaliste réaliste

 

Parce que comme le dis Jean Guéhénno

 

Nous ne changerons pas de planète.

la terre n'est pas le Paradis,

mais nous ne pouvons aimer qu'elle,

et nous lui resterons fidèle.

Nous retrouverons notre chemin.

Nulle autre ressource qu'en nous-même.

 

 

Christie - Alluvions

 

De l'étincelle au coeur embrasé...

Comment naît l'engagement qui se traduit d'abord par une étincelle hésitante qui ensuite, alimentée par d'autres étincelles va pouvoir embraser tout un moment de vie et ne se consumer que dans l'action?
 
 
Tout commence par un doute... bientôt suivi d'une intuition.
Doute vis à vis d'un monde qui semble ne pas fonctionner comme il le devrait, intuition qu'on peut le changer.
Doute de ne pouvoir le comprendre vraiment un jour, intuition qu'on doit le changer.
 
 
Et les doutes se manifestent ensuite par un grand "NON" : non aux routes trop droites sur lesquelles on fonce parce qu'elles semblent sans obstacles alors qu'elles ne sont pas sans danger si l'on regarde dans le "rétroviseur du temps"* et aussi à côté, sur les bords ceux qui s'arrêtent à bout de force, à bout de liberté, à bout de sang.
 
 
Mais si le "NON" passe encore dans la bouche d'une adolescente rebelle qui refuse de devenir l'adulte au train-train confortable qu'elle pourrait facilement s'offrir, il n'est plus suffisant chez celle qui aura tant d'énergie à dépenser, nourrie par le feu de ses combats, et qui doit trouver dans l'action et les propositions pragmatiques une raison d'être à ses doutes et ses intuitions.
 
 
 
Alors vint le temps des premières manifs, des premières pétitions. Puis elle va plus loin, côtoie de très près les sans-papiers, se fait leur porte-parole auprès des institutions sourdes et renfermées dans les carcans des numéros de dossiers. Puis elle continue anonymement de défendre les droits des discriminés, des laissés pour compte.
 
Ensuite vient l'heure de l'engagement politique (réminiscence sans doute d'un premier mandat de conseillère municipale enfant, occupé dès l'âge de 10 ans dans sa petite commune de la Loire ), parce que les échos d'un projet de société humaniste justifient des convictions secrètes qu'on ne partage qu'en sphères amicales très réduites pour éviter de passer pour une illuminée idéaliste et éloignée de la "vraie vie"... alors qu'elle traduisent tant d'intuitions et d'idées...
Enfin un groupe qui partage les mêmes interrogations et qui est entendu... qui se fait entendre...
Parce qu'il semble pouvoir ancrer dans l'opinion collective un nouvel espoir, celui de la réalisation de la loi du plus juste... en prenant position sur les débats, les réformes, les attentes et les besoins d'un peuple dans sa globalité, et la construction de l'Europe.
 
 
Et parce que l'engagement politique est insuffisant s'il ne s'exprime qu'à l'intérieur d'un parti, tributaire souvent de logiques partisanes et de pratiques privilégiant l'octroi des voix et de la renommée, il faut le compléter... à côté dans le milieu associatif, avec des plans d'actions, des décisions et des faits, des réalisations... afin de permettre au rythme de son engagement d'accélérer et de ne pas rester trop enfermé en attendant les consignes du parti qu'il vaut mieux provoquer que subir en anticipant et en s'affirmant de manière proactive.
 
 
S'engager, c'est créer une dynamique qui permet à la personne de restée mobilisée sur tous les fronts qu'elle a choisis, et par contagion de faire vivre cette dynamique en la partageant. Car le feu s'éteint si on ne rajoute pas des branches... c'est à plusieurs qu'on avance et qu'on permet aux flammes de monter toujours plus haut.
 
 
La plus grosse difficulté, c'est quand on commence à être engagé dans tellement de projets qu'on a peur de se disperser et de ne pas pouvoir tout assumer... et là restent encore les mots, les phrases pour dire et écrire ses peurs, revenir à ses doutes et les partager pour créer de nouvelles intuitions qui rallument les étincelles....
Un blog, c'est aussi et avant tout ces mots. 

 

Nelly Margotton