02.02.2009
Rêve américain contre cauchemar français ?*
Quand je regarde, quand j'écoute, quand je suis attentive aux paroles, aux décisions du Président français, je pense inexorablement à ma collection d'albums d'Asterix et Obélix, je pense à "La Zizanie" sorti en 1976, le n° 15 et au résumé que je pourrais en faire, si je devais vous raconter l'histoire :
"Nouvelle trouvaille des Romains pour l’emporter sur la résistance gauloise : la guerre psychologique.
César, pour en finir une bonne fois pour toute avec ce village d'irréductibles emmerdeurs, décide d'envoyer Detritus, qui a un don inouï pour provoquer des disputes, dans l'espoir de semer la zizanie parmi eux et profiter des divisions du groupe pour installer son pouvoir.
Son premier geste sera d'offrir, le jour de l'anniversaire d'Abraracourcix, un vase à Astérix, qu'il prétend être l'homme le plus important du village.
Mais c’était bien entendu sans compter sur la vigilance d’Astérix et Obélix qui, même fâchés l’espace de quelques pages mettront bon ordre à tout cela."
Je me demande où tout cela va nous mener....et j'attends notre Astérix(e)?
Je pense aussi à ces mots de Serge Hefez, psychiatre:
"Ce qui paralyse le fonctionnement démocratique, ce qui démantèle le lien social, réside dans cette poussée ininterrompue et généralisée des droits individuels, cette sacralisation des opinions personnelles, des libertés privées qui usent le lien social.(....)
Cette apologie victimaire monte irrémédiablement les riches contre les pauvres, les valides contre les handicapés, les travailleurs contre les chômeurs, les adultes contre les jeunes, les citoyens innocents contre les repris de justice, les braves gens contre la «racaille», les normaux contre les fous…"
Je me demande où.....
Quand je regarde, quand j'écoute, quand je suis attentive aux paroles, aux décisions du Président des Etats Unis, me revient en mémoire son discours du 27 juillet 2004, prononçé en tant que candidat pour être sénateur dans l'illinois :
" Il n'y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il n'y a que les Etats-Unis d'Amérique. IL n'y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino et une Amérique asiatique, il n'y a que les Etat-Unis d'Amérique. "
Et je me prends à rêver d'être américaine, juste pour quelques instants.
Je pense à ce bel interview de Paul Auster dans Libération du 16 janvier 2009, qui raconte qu' Obama, élu rédacteur en chef du journal de la Faculté d'Harvard, pendant ces études, restera dans les mémoires des anciens étudiants comme celui qui a réussi à faire cohabiter les blancs conservateurs qui lui étaient hostiles, avec des libéraux :" On n'avait pas les mêmes opinions politiques que lui, mais il nous a écouté et respectés."
J'ai la folle utopie d'espérer savoir où tout cela va les mener.....et j'attends mon Obama.(e)?
Je pense aux mots de Douglas Kennedy (écrivain) :" il est clair dès à présent que sa victoire est, avant tout, celle des intellectuels et des gens de culture en Amérique."
(....)
Je ne sais pas pourquoi nous, les français de France, avons voté pour Sarkozy, pourquoi eux, les Américains d'Amérique, ont voté Obama.
Peut-être ne sommes-nous pas encore prêts.
Peut-être que nous payons une très grosse faute, commise dans une vie antérieure.
Peut-être ne sommes-nous pas encore assez au fond du trou.
Peut-être qu'au fond de moi, j'ai bien une petite idée mais que je n'ose le dire....
Ce que je sais par contre, et j'en finirais avec cela pour ce matin, c'est que l'un parle à mon intelligence, quand l'autre ne parle qu'à mes tripes et à mes peurs...
08:59 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
Entrer dans la légende ?
Il y a quelque temps, j'avais discuté de Sarkozy avec un homme politique lyonnais. Il m'avait dit que De Gaulle et Mitterrand étaient des hommes de légende et que lui était un homme de tragédie. Cette réflexion m'est revenue en tête lors de l'élection d'Obama. La joie que nous avons tous ressentie à ce moment là et la tristesse il y a déjà 2 ans. Je me souviens des manifestations anti-sarko après la déclaration du résultat. Depuis bientôt 2 ans nous vivons une tragédie pour la démocratie alors que les américains s'apprêtent à entrer dans une nouvelle légende. Pourquoi ? Difficile à dire. Chacun d'eux a succédé à des hommes qui n'ont guère brillé et qui seront sant doute oubliés par la postérité. Chirac. Bush. Disons que le notre avait un peu plus de classe que le texan mais ça ne sert pas à grand chose la classe quand on s'est enlisé dans le pouvoir.
En France nous avons fait le choix d'un homme qui a décidé de tout casser, même ce qui va bien, pour reconstruire ensuite. Un homme qui n'a rien de charismatique, qui nous a tout de suite mis dans l'ambiance, Fouquet's, Yacht de riche, montres en or et poules de luxe pour compagnes. Il lui fallait bien ça pour montrer qu'il existe. En face, inutile de mettre un dessin ou de faire une photo, justement y'a pas photo. Un a la grâce l'autre pas.
La vie est faite de périodes d'alternance. Un jour oui, un jour non. Les français, gens frileux, emmitouflés dans leurs convictions et leurs peurs, ont choisi celui qui a le mieux répondu à leurs "petites" attentes. Les américains, peuple encore jeune et prêt à tout, ont choisi celui qui représentait pour eux l'avenir et offrait l'espoir du changement à la mosaïque raciale qu'on trouve là bas. Les américains ont choisi le désir, nous le repli frileux sur nos petites certitudes, une sorte de retour à la notion de famille-patrie qui va encore en laisser quelques uns sur la route.
Après on pourra faire tous les comparatifs qu'on veut : le physique, les épouses, le parcours scolaire et de vie... Le volontarisme de l'un, le flegme élégant de l'autre. Nous c'est la culture franchouillarde un mélange d'Astérix-Napoléon-Louis de Funès (le petit teigneux pas si gentil que ça) et eux l'héritier des cow-boys aux horizons majestueux comme ceux du Grand Canyon. Héritiers tous deux pourtant de la diversité.
Avec la crise en toile de fond.
Si on me demandait tout de suite qui des deux entrera dans la légende et pour quelles raisons, la réponse ne serait pas bien difficile à faire mais j'ai aussi très peur que, dans quelques années, le notre entre aussi dedans pour de très mauvaises raisons. Parce que la France aura fait le choix de la tragédie et pas celui du progrès.
Avec toujours en tête l'idée qu'une femme aurait sûrement pu faire mieux que lui, mais ça c'est déjà une autre histoire...
Photo : Margaret Bourke White
07:08 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy
Qui des deux restera dans l'Histoire ?
L'un et l'autre ne sont guère comparables.
Obama le démocrate et Sarkozy la droite dure ultra-libérale, propulsés tous deux par la vague d'espoir que le peuple leur donne. Qu'en sera t-il de la rupture promise par l'un et l'autre à la fin de leur mandat ? Obama vient de prendre les rênes du pouvoir il est trop tôt pour s'avancer, quoique certains ont déjà avancé sur la réflexion.
Je prends l'analyse de deux blogueurs de bord politique totalement opposés Monolecte dans son article Le jour où rien ne changera rejoint Philippe David sur son analyse Wait and See :
"Le bilan désastreux dans tous les domaines de l'administration Bush peut rassurer Barack Obama sur le fait que son bilan ne pourra en aucun cas être pire que celui de son prédécesseur mais, vu l'état politique et surtout économique des USA, il va sans dire qu'il a du pain sur la planche".
Obama sera t-il le nouveau modèle de Sarkozy ?
07:03 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy, politique, femmes engagées, france
01.02.2009
De "Yes I can" à "Yes we can"
Si le résultat des élections est souvent clair quelques jours avant le scrutin officiel, les conditions d'une victoire sont beaucoup moins prévisibles. Du projet au catalogue de mesures, des mesures aux slogans, des slogans au petit truc en plus qui va faire émerger les enjeux de la différenciation, l'analyse doit prendre en compte un grand nombre de critères pas très politiques...
Et c'est peut-être dans cette analyse qu'on trouvera les clés permettant d'anticiper les futurs dialogues avec la population administrée...
En tout état de cause, l'avènement d'un nouveau Président procure toujours un immense espoir à l'intérieur d'un pays... Parce que tout à coup, "ensemble, tout devient possible"... qu'ensemble, "yes, we can". Le problème avec le slogan sarkozyste, c'est le "tout"... qui signifie tant et si peu, et qui donc ouvre la porte à tous les risques, toutes les inepties... "Yes, we can", c'est vague aussi. Décrypter ce qu'il y a sous les slogans pour voter de manière responsable et ne pas avoir à le regretter, c'est une exigence démocratique qui nécessite cependant une certaine formation et des capacités à exiger une vision globale de la société, ainsi qu'une volonté d'interroger les évidences.
Nous en France, on a Sarko, la majorité a nettement tranché... Aujourd'hui, la majorité soutient les manifestants qui scandent des slogans dignes de "ensemble, tout devient possible", mais qui lui donnent un sens d'opposition irrémédiable, en réaction contre le manque d'écoute, de concertation... et de considération, bien entendu... En réaction aussi contre le bling bling. En réaction contre des valeurs complètement déshumanisées qui privilégient le pouvoir d'achat, de consommer, aux antipodes d'une solidarité aujourd'hui exigée par E Woerth ou N Sarkozy pour affronter la crise. A peine deux ans après, on sait que le slogan présidentiel est devenu "ensemble, tout devient possible et surtout ce que je veux pour moi et mes lobbys"... En américain, une espèce de "Yes I can"... (and I f... you)
Aux Etats-Unis, on est dans une autre dimension, à même d'apporter ses propres réponses à la mondialisation, isolément et assurément, et c'est Obama qu'ils ont choisi majoritairement. Au-delà d'un autre "possible" et d'un nouvel espoir, Obama incarne aussi le cheminement de décisions citoyennes et aussi fortement démocratiques vers le renouveau : Obama, inconnu il y a encore deux ans, s'est imposé avant tout en refusant le diktat des positions traditionnelles en faveur d'une grande "ouverture d'esprit" vis à vis des tortures, des guerres, et de toutes les atteintes aux droits de l'homme, sans parler du reste... Bref, on dirait bien qu'il existe des vrais contre-pouvoirs (pour l'instant) par le biais des médias, qui parviennent à donner de la voix à ceux qui la prennent, médias qui n'ont pas tous été récupérés... comme en France au profit de slogans si vagues qu'ils vident les mots de leur sens et de l'espoir qu'ils portent, et ne retiennent que la signification masquée dans le vague et le flou.
En France, les contre-pouvoirs s'élèvent et tentent de percer, à travers blogs et sites internet, le ballon de baudruche qui s'est envolé trop vite parce que l'espoir suscité par les slogans a joué le rôle de l'appel d'air... Aux plus motivés d'entre nous de former une espèce de plafond pour le bloquer... Aux Etats-Unis, ces contre-pouvoirs sont déjà présents, et Obama le sait, il devrait donc en tenir compte... (photo : Hervé Nahon)... A suivre...
22:04 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy, femmes engagées
Pourquoi nous on a Sarko et eux Obama ?
Par Plume de Cib', invitée de la semaine
Sarkozy, on connaît, mais Obama, c’est un grand mystère. Enfin, pas tout à fait quand même. Etant donné que les américains se prennent pour la première puissance mondiale, il faut bien que le show présidentiel soit à la hauteur de ce que peut en attendre le spectateur universel. Toujours plus grand, toujours plus fort ! Toujours plus d’effets spéciaux ! Les USA sont là pour vendre du rêve au Monde qui se doit de les adorer. Alors pile poil il tombe le grand Noir à la voix tonitruante qui te scotche l’horizon, crève l’écran et fait pâmer les peuples en mal de conte de fée.
Les USA avaient le choix entre élire une femme, un vieux ou un métisse. Ils ont choisi le métisse. Grand, beau, mince, il sera sans doute nommé l’homme le plus sexy du Monde. Couple idéal avec de jolis enfants, on revient aux fondamentaux, la playstation en plus.
Il est en fait la nouvelle représentation du rêve américain, le contraire de l’image qu’on se fait d’eux. Les USA ont besoin de se refaire une virginité après les années Bush et tout ce sang versé, tous ces morts qui puent. Pas facile à nettoyer.
Plus que jamais les USA comptent rester les Maîtres du Monde, les donneurs de leçons, les garants de la Paix et de la démocratie. Et surtout les gendarmes du vilain terrorisme. Le casting devait donc être à la hauteur de l’enjeu. Brancher un noir sur le siège présidentiel, c’est par la même occasion rayer de l’histoire un certain nombre d’années peu glorieuses dans le CV, c’est faire une ellipse dans l’Histoire et faire croire qu’il n’y a qu’un saut de puce entre Martin Luther King et Barak Obama.
Savoir si les américains méritent Obama, faudrait déjà savoir ce qu’il va leur vendre. Certes, en plus des dégâts causés à l’extérieur, Bush laisse un pays en ruines où dévalent dans les caniveaux toutes les illusions perdues. Comme dans un film d’après guerre, on voit de longues files de voitures sortir des villes à moitié abandonnées, des américains errant à la recherche d’un asile, des étudiants qui n’étudient plus, des enfants qui ne jouent plus parce qu’ils doivent travailler, des vieux qui n’ont même plus le temps de mourir. Ils ont tout perdu. Comment leur redonner l’espoir tout en les gardant bons enfants ? En leur vendant du rêve, c’est ce dont ils manquent le plus. Ils se disent sûrement que s’ils ont été capables d’élire un Noir alors qu’ils crachent sur les Afro Américains depuis des siècles, ils peuvent sans faiblesse et sans peur franchir l’obstacle de leur ruine. Ils peuvent recommencer à zéro. Construire à nouveau le “rêve américain”. La seule illusion qu’ils n’aient pas perdue est celle de croire que les USA est toujours la plus grande puissance mondiale. Alors que sans la Chine, les USA s’effondrent comme un château de cartes.
Bref
Nous, on a élu Sarkozy parce qu’on s’est dit qu’après deux mandats d’un grand mou, il nous fallait du changement. Alors on a pris un petit énervé.
Bon, je n’ai pas élu Sarkozy, il m’est donc difficile de me mettre dans la peau d’un qui lui a donné sa confiance. Je connaissais Sarkozy avant, comme tous les pèlerins de notre bon pays. Sa politique de policier ne me disait rien qui vaille. Il me semblait représenter exactement le contraire de ce que nous sommes, de ce que l’Histoire nous a transmis. Mais bon, peut être me trompais-je à propos de mon Pays. Peut être Sarkozy est la personnification de nos bas instincts. Sarko, c’est le petit facho frustré qui s’est fait bouffer les couilles par son berger allemand.
Il en veut à tout le monde du coup ! Est-ce que la France serait en passe d’entrer dans l’esprit étriqué de Sarkozy ? Sommes-nous devenus si petits ? Avons-nous oublié que nous ne sommes ni vassal des USA, ni même Pays de guerre, mais bien Pays leader représentant les droits de l’homme dans le Monde, Pays de médiation, Pays de Paix ? Depuis tout ce temps que la cuisine américaine nous gonflent les artères, trop de gens en France ont crû qu’il était salutaire d’élire un petit Mickey qui nous ferait de l’américain à la française.
Ceci dit, il nous met le dard aux fesses, nous voilà tous secoués. Réveillés ? Bein, je l’espère. Finalement, je n’ai pas contribué à l’élection de Sarkozy, j’avoue que j’ai eu tort. Chaque jour, il se met au travail et nous apprend à connaître nos refus, il nous pousse à la révolte. Sans ce goupillon en permanence secoué sur nos têtes, nous en serions toujours à nous prélasser en attendant que ça passe. Nous savons maintenant ce que nous ne voulons pas, il ne nous reste plus qu’à continuer à nous explorer et définir quelles sont nos acceptations. De quoi voulons-nous que demain soit fait ? Je vous le dis, le petit freluquet nous a mis sur la braise, nos sens sont en éveil.
Peut être que les américains ont moins de chance que nous. Avec leur souci du détail, leur expérience de la mise en scène, ils ont soigné cette élection au point de tout contrôler, de laisser peu de chance au hasard. Si Obama continue à être adulé comme un Messie, cela signifie que le peuple sera aveugle ou endormi. Je crois qu’on n’est pas sortis de l’auberge. C’est pourquoi, je ne peux pas aujourd’hui me réjouir qu’un homme dont la couleur m’importe peu soit à la tête des Etats-Unis tant que je ne saurai pas de quel bois il se chauffe.
18:15 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bien fait pour nous !
J’ai beau me creuser la cervelle, je n’arrive toujours pas comprendre quelle mouche a piqué 53% des Français pour qu’ils aillent porter dans l’urne en 2007 un bulletin Sarkozy.
C’est qu’on le connaissait le bougre ! Il avait déjà œuvré à ses jolies besognes en tant que ministre de l’Intérieur et on avait déjà pu constater aussi son extraordinaire efficacité à Bercy où son passage éclair s’était soldé par un fumeux accord avec la grande distribution et une poignée de main virile avec une vedette de l’église de scientologie.
Sans doute la mollesse du septennat précédent a-t-elle eu raison de notre raison.
Le peuple français était à bout d’immobilisme et d’une politique « à la papa » dont le seul fait remarquable fut d’opposer un « non » ferme à l’engagement de nos troupes dans la guerre en Irak.
Sur le reste, ni le coté bon enfant du président Chirac flattant le flanc des bestiaux au Salon de l’Agriculture, ni sa regrettée courtoisie, ne permettaient d’insuffler beaucoup d’énergie à notre « Douce France ».
Aussi, il était tentant de soutenir une nouvelle génération, si brillamment représentée par le duel Royal-Sarkozy.
Las ! Le Français encroûté a préféré choisir celui qui lui apportait des solutions toutes faites et qui disait « Moi Je », rassuré de croire qu’il pourrait allait se rendormir après son acte de vote et non point réfléchir à son « Désir d’avenir ».

Aux Etats-Unis, la donne fut différente. Après huit années de Bushisme, le peuple était fatigué.
Fatigué que le très conservateur George W. Bush divise la société américaine, fatigué de ses options politico-religieuses, fatigué de la baisse des impôts et la suppression de certaines aides sociales qui faisaient les riches encore plus riches et les pauvres encore plus démunis. Fatigué aussi de la guerre permanente ailleurs et sur son propre sol. Fatigué d’être réprouvé par l’opinion publique mondiale. La crise, dans ce contexte, n’a fait qu’accélérer un processus de rejet déjà largement patent.
Le succès d’Obama n’est pas uniquement le fait d’une campagne intelligemment menée, n’en déplaise à ceux pour lesquels cette explication simpliste serait pain béni. Obama a gagné d’abord parce qu’il était le meilleur candidat pour apporter ce changement profond espéré par la population.
Il n’a pas promis des miracles, il n’a pas dit « moi je », il a prévenu des difficultés à venir, il a souligné la nécessaire volonté et implication de chacun pour relever les défis de l’Amérique.
Et contrairement aux Français qui ont préféré la commodité d’un grand YaKa-Manitou, les Américains ont choisi, eux, de se relever les manches. Ensemble.
Hypos - Le blog de Hypos
17:43 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy, français
Dis-moi pourquoi
Les Etats-Unis ont élu Obama parce qu’au bout de 8 ans :
de casse sociale,
de mépris des citoyens et de l’environnement,
de graves remises en cause des libertés publiques,
de médias courtisans et serviles à la botte du pouvoir en place
d’une économie et d’une société où tout était -encore plus qu’auparavant- tourné vers le profit exclusif de quelques uns,
d’une régression idéologique inquiétante
A un moment, trop c’est trop.
Mais que de dégâts dont certains seront difficiles à réparer et Obama n’est ni un messie ni un faiseur de miracles.
Tiens cela me fait penser à quelque chose !
J’espère juste que nous n’attendrons pas 8 ans pour botter le derrière de Naboléon et de sa clique.
Signé : Annnieday (Dans ma bulle)
16:30 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy, femmes engagées
Des présidents qui montrent l'âge de nos artères
Qui se souvient du slogan de campagne de Nicolas Sarkozy : « ensemble tout devient possible ». ? Aurait il inspiré le fameux « Yes, we can » ?
Étonnant slogan quant on connait la propension qu'a cet homme à tout voir, tout savoir, tout contrôler, tout faire lui-même.
La France s'est choisi un président qui ressemblait à l’image qu'elle se fait des dirigeants : un homme, blanc, de plus de 50 ans, ayant déjà une longue carrière politique derrière lui au programme simple et clair : ne rien changer aux fondements d'un système économique qui avait fait ses preuves, et traquer les profiteurs (immigrés, chômeurs...) et les privilégiés (c'est à dire essentiellement les salariés du secteur public) qui sont un fardeau pour ce si beau système capitaliste .
Ségolène Royal n'avait pas de programme arrété, ni de solutions toutes faites. Elle avait démarré sa campagne en déclarant « le programme c'est la méthode ». Cela en a dérouté plus d'un.
J'en conclus qu'en France, on attend d'un chef qu'il sache tout et résolve tout (Ce que dans les écoles de management on appelle « un responsable donneur d'ordres« ) et les électeurs se sont sentis majoritairement plus rassurés par un candidat qui semblait si bien savoir où il fallait aller, comment il fallait y aller et qui avait indéniablement l'énergie et la volonté nécessaire pour faire ce qu'il disait.
Est-il utile de rappeler que Nicolas Sarkozy l'a emporté grâce aux voix des seniors ?
(Incroyable carence de l’équipe adverse qui ne s’était apparemment pas penchée sur les questions démographiques et ne s’est pas montrée particulièrement offensive pour rallier cette catégorie de la population.)
Aujourd'hui, le Président en exercice peut déclarer « j'écoute, mais je n'en tiens pas compte « , il peut impunément concentrer chaque jour davantage de pouvoirs entre ses mains, le mandat qu'il a reçu de ses électeurs était bien celui-ci : agir énergiquement. D'ailleurs chaque fois qu'il s'agite pour prendre une situation à bras le corps sa cote de popularité remonte.
Obama lui a cartonné chez les jeunes et les minorités.
C'est-à-dire des populations qui n’ont pas grand-chose à perdre et acceptent de prendre le risque d’être dirigé par un homme (en ce qui me concerne je regrette encore que ce ne soit pas une femme qui ait été élue même si j’ai fini par succomber au charisme d’Obama ), noir, sans longue expérience politique. Exactement l’inverse de la France de 2007.
Il est trop tôt pour dire ce que va réellement faire Barack Obama et sur de nombreux sujets, notamment les questions de politiques étrangères, il a montré ses doutes et ses hésitations mais à la différence de Nicolas Sarkozy il sait écouter, s'entourer des meilleurs, laisser les initiatives émerger... il ne prétend pas tout régler avec les dents et ne rêvent pas de casser tous ceux qui ne pensent pas comme lui
Barack Obama dit « je pense que les institutions de Washington ont reçu le mandat de se mettre à l'écoute des Américains ordinaires ». Il n'hésite pas à avouer « qu'il n'a pas de boule de cristal, ni de baguette magique. » Mais il a une vision du monde, et si l'action se déterminera en marchant l'objectif général est connu et tous les acteurs associés. (Ce que dans les écoles de management on appelle « un responsable porteur de sens »)
Lorsqu'on lui demande quels sont les meilleurs conseils que lui ont donné les anciens présidents il répond « tous m'ont prévenu qu'il était essentiel de se ménager du temps pour réfléchir et de ne pas être tout le temps dans l'action. Dans la mesure où il y a toujours une crise en vue, il y a toujours une bonne raison d'organiser une réunion, de donner une conférence de presse. Je pense donc qu'il est important d'avoir cette discipline ».
Et là je n'ai aucun doute. Ce n'est pas sur Sarkozy qu'Obama a pris modèle.
By Olympe (blog Olympe et le plafond de verre)
(toutes les citations d'Obama proviennent d'une interview publiée par Courrier international du 15 janvier)
15:50 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Petit jeu : remettez ces déclarations en face de leur auteur
« Moins de services publics ; moins de retraite ; moins de sécurité sociale ; les médicaments moins bien remboursés ; les handicapés moins bien aidés ; le planning familial à la rue ; le cumul de plusieurs jobs comme idéal de vie ; moins d’école maternelle ; moins d’aide aux enfants en difficulté ; un lycée au rabais ; moins de fonctionnaires ; une poste privatisée ; une chasse ouverte aux sans papiers…»
« Un système de sécurité social plus performant et protecteur ; combattre la pauvreté en mettant en place des formations pour ceux qui sont sans emploi, assurer la liberté de syndicalisation, aide aux plus pauvres pour trouver des crédits d'investissement dans une entreprise, création d'incubateur d'entreprises ; augmenter le salaire minimum ; Développer les maternelles aussi pour les plus pauvres ; sortir de l’ombre les 12 millions d’immigrés clandestins présents sur le sol américain ; augmenter le recrutement, la préparation et la rémunération des enseignants … »
• Obama
• Sarkozy
• Bush
Attention, vous aurez noté : il y a un piège.

Résultats : eh oui ! Sarkozy, c’est notre petit Bush à nous…
CC (du blog Bah !? by CC)
15:32 Publié dans Obama vs Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy





