16.04.2009
Histoire d'Op
En juin 2006, à l'occasion d'un banal frottis, on a découvert que mon col de l'uterus avait été attaqué par un Papilloma Virus. Une sale bestiole qui déclenche le cancer dudit col, un des cancers les plus tueurs qui soient. Je ne sais pas où ni avec qui j'ai attrapé la bestiole mais nous avons décidé mon gynéco et myself de l'éradiquer de l'endroit où il s'était fourré en passant via mon vagin.
Voici le texte que j'ai écrit dans la chambre de la clinique où s'est passée l'intervention, j'avais essayé de prendre ça avec un maximum d'humour mais je n'en menais pas bien large j'avoue.

"Ca commence bien. On m'a demandé si j'avais fumé, j'ai dit oui mais en fait pas moyen de m'en souvenir. J'appelle ma fille. Elle ne m'a pas vue donc réponse n'éclaircissant rien. L'infirmière me dit que je dois passer en premier mais là ça risque de décaler à cause des sucs gastriques qui s'agitent. Je réponds le stress mais en fait j'ai un gros vide dans la tête. Je ne me vois pas en train de fumer. Clope réflexe sans doute. Il me l'avait pourtant précisé. Quelle conne, j'aurais du le marquer en gros dans l'agenda. J'ai piqué le ELLE dans la salle d'attente. 65 pages pour être nature et sensuelle. La plus belle c'est vous qu'ils expliquent. Et que je te colle Rachel Roberts en gros plan. Et que je te décline nos envies sous toutes leurs formes. Envie de :
- de yoga
-
de corail
-
de bouger
-
de caramel
-
de jeunesse
-
de ventre plat
-
d'une crinière
-
de belles jambes
-
de seins fermes
-
de grand bleu
-
de massage
-
d'huile
-
de vert
Voilà, tout ça pour être une jeune femme moderne. J'aimerais bien avoir avoir envie de tout ça. NON en fait j'en ai une énorme envie. TOUT sauf cette horrible chambre qui sent le désinfectant. Allez, je prends le caramel, le ventre plat et la crinière mais PAS le bistouri, le scalpel, l'anesthésie et mon gynéco croisé l'autre samedi dans la rue en chemine hawaïenne. Faudrait que je lui demande quelles sont ses envies à lui aussi. Ras le bol de farfouiller dans des founes plus ou moins avariées ? Allez doc, venez avec moi dans le grand bleu nous prendre un bon coup de jeunesse. Je vous montrerai mes seins fermes et vous me ferez des massages à l'huile de noix de coco en buvant des mojitos biens frais. On courra sur la plage et quand on aura fini, on fera du yoga en regardant la mer.
En attendant le cardiologue qui doit m'électrocardiologrammer, je me suis assise sur le lit blanc, mon lecteur MP3 dans les oreilles et le stylo qui vole de gauche a droite (faudrait que je m'entraîne à écrire de droite à gauche juste pour le fun). On m'a préparé une très jolie tenue bleu ciel fermée dans le dos. Sexy à mort, je m'imagine me trimballant dans les couloirs le cul à l'air. J'écoute Mylène qui chante "sans sexe je m'exsangue" et je me dis que je vais m'exsanguer encore un bon moment moi aussi. J'ai encore plus les boules (si on peut dire) parce que dimanche soir on a dit qu'on le faisait et qu'on oubliait Jules et moi. Ben voyons, comme si ça s'oubliait comme ça ce genre de chose. Même que ça m'a plutôt remise en appétit. Maintenant, chaque fois que je vais le voir, je vais être comme une diabétique devant une patisserie, le droit de regarder mais pas de déguster. Ok, je ne vais pas me gêner pour mater (ses fesses en particulier) (peut être que je toucherais aussi un peu) (ben quoi on ne m'a pas interdit de me servir de mes mains...)
Bien on pense à autre chose, pas le moment de me mettre à fantasmer et d'avoir des envies. QUOIQUE ! Si le cardiomachin est bogoss, je peux peut être lui proposer un petit furtif dans la salle de bain ? Juste avant que la voisine ne revienne du bloc. C'est bien moi ça, penser au CUL alors qu'on va me cisailler le COL dans pas longtemps. Je ne préfère pas y penser (au col pas au cul). Tout le monde m'a demandé hier si j'étais prête. Comment peut on être prête à ce genre de chose ? La voisine est revenue. Infirmiers rigolards. Conisation. Polype. Tout va bien. Rien vu. Rien senti. Ca me réconforte un peu. La chambre est fraîche. Dehors grand soleil et chaleur. J'ai enlevé les oreillettes. Bashung ça ira bien pour aujourd'hui. Je vais mettre la chemise sexy. Me détendre. Penser aux copains qui m'ont envoyé pleins de texto. Penser à ma mère qui attend à Paris en se rongeant les sangs. A ma fille qui se repose, mon fils qui vit sa vie. Tiens si j'ai le temps jeter un oeil sur le projet du PS (32 pages reçues la semaine dernière) mais sans grande motivation.
12 h 30. Comme sœur Anne, je ne vois toujours rien venir. Ma voisine a gagné juste 2 jours d’arrêt de travail alors qu’on m’en a annoncé 15. Le cardiotruc m’a trouvée en pleine forme malgré un manque total d’activité sportive et mes restes de pelade coups de soleil. J’ai sommeil mais je sais que chemise Hawaï ne va pas tarder à montrer le bout de son bistouri. J’ai attaché la chemise sexy sur le côté façon Elle, ça change tout. Le doc de la voisine lui a dit d’attendre 15 jours pour les petits câlins. Même profil que Bibi la dame cinquantainedivorcéedeuxenfantschienchat. QUOI ? 15 jours pour les câlins ? Quand je pense que le doc de Marine lui a annoncé 6 mois. J’ai justemilieusé à 2 mois mais 2 semaines je prends ! Tiens je prends aussi les 2 semaines d’arrêt de travail qui me permettront d’être fraîche comme une rose à la fin du mois. Bon qu’est ce qu’il fabrique l’autre avec sa raclette qu’on en termine une bonne fois. On a servi un thé à la voisine. Moi tintin ! Juste ma clope et mon thé de 7 heures sur l’estomac. J’écoute les oiseaux chanter, les infirmières râler, les brancards rouler. Je ne sais plus quoi faire, quoi dire, quoi écrire (ça c’est le pompon non ?). La voisine s’endort. Je vais essayer de faire pareil en attendant Godot. Pourvu qu’il ne m’oublie pas...
Voilà, ils ne m’ont pas oubliée. L’anesthésiste avec ses mains de bûcheron m’a installé un joli cathéter rosebleumauve dans la veine droite. Ils ont parlé de Valium, de mes coups de soleil (ça se voit tant que ça ?) de son manque d’organisation. Sa grand-mère lui disait « toi tu ne trouverais même pas d’eau dans le Rhône ». Elle avait raison votre grand-mère que j’ai répondu je ne sais même pas pourquoi. Un autre m’a installé un tensiomètre sur le bras gauche. Le tout (les bras et les jambes) da
ns des étriers. Ils étaient au moins 4 sur la bête. Ca m’a rassuré. Ils n’y sont pas allés trop fort sur le dosage vu que j’étais très détendue. APRES plus rien. Je me suis réveillée sur la table, ça s’agitait pareil. Doc Hawaï m’a mis un flacon sous le nez avec le cône dedans (un truc rouge sanguinolent) et l’infirmière m’a tenu la main pour me réconforter et Hop direction salle de réveil et Hop re-direction chambre.
Doc est passé un peu plus tard me dire que ça s’était bien passé. On va analyser le truc et je vous donne 2 semaines d’arrêt parce que vous allez être fatiguée. M’a refilé une feuille avec plein de recommandations. Aurore et Zazou sont venus me récupérer à la sortie. Elle était contente de me voir en forme. Ca devait la stresser parce qu’il y a un an elle était venue me chercher à la sortie de l’Hôpital pour des raisons nettement moins drôles. On a mangé de la pastèque et des glaces vanille pécan. Fanfan est rentré avec des bleus à l’âme cause dispute avec petitechérie. On s’est fait des bisous histoire de se dire qu’on est toujours ensembles quoi qu’il arrive ? Chersamis ont appelé. Tout va bien je vais bien un peu dans le potage.
P.S. Pour les “petits câlins” finalement j’ai écopé d’un mois et demi, ce qui nous amène tout gentiment aux vacances (les Normands n’ont qu’à bien se tenir, c’est moi qui vous le dit)."

Vous savez quoi ? J'ai même pas fricoté avec les normands cet été là, j'ai gardé ma presque virginité retrouvée pour l'homme que j'ai rencontré quelques mois après et que je n'ai (presque) pas quitté depuis et avec qui mon vagin ronronne comme un moteur de jaguar (c'est tout dire). Le virus est loin à ce qu'il parait mais on veille au grain Doc Gyneco et moi. Quand à Rachel Roberts qui m'a un peu accompagnée ce jour là, j'espère que tout va bien pour elle aussi.
07:18 Publié dans Les monologues du vagin | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.04.2009
L’état des vaccins dans les régions où l’on naît
Longtemps nous nous sommes ignorés. Toute la période de l’enfance où une petite fille se définit plutôt par une absence de pénis comme Papa, une absence de seins comme Maman. Un être non sexué mais en devenir de femme. Et puis avec la puberté, les cours d’éducation sexuelle et les notices des boîtes de tampons, j’ai fini par comprendre qu’il existait là, à l’intérieur un organe sexuel. Dans les magazines féminins des années 70, on parlait aussi des vaginales et des clitoridiennes avec des conneries d’appréciations du genre : être vaginale c’est bien, c’est être une vraie femme. Je vous passe mon apprentissage du plaisir, après tout cela ne vous regarde pas. En tout cas, ce ne sont pas ces journaux à la con qui m’y ont aidée mais quelques camarades de jeux.
Ensuite il y a un truc qu’il n’a pas trop aimé mon vagin, ce fut le passage du premier enfant. Faut dire, 35 cm de circonférence, c’est commasse ! Je ne remercie pas le boucher l’obstétricien qui m’a accouchée. Il lui a fallu un peu de temps pour se remettre au pauvre petit. Mis à part ce violent traumatisme, il n’a pas eu à déplorer de violences sexuelles ou d’abus. Rien de bien terrible à vous raconter donc, juste des bons souvenirs que je ne partagerai pas avec une bande de lecteurs anonymes et inconnus.
Nous faisons bon ménage depuis un moment maintenant bien qu’il ait nettement moins de camarades de jeux qu’à certaines époques. Faut dire que la proprio (moi en l’occurrence) est devenue beaucoup plus regardante et que les occasions elles, se sont raréfiées. That’s life…
21:42 Publié dans Les monologues du vagin | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Blason
- Si votre vagin était habillé, ce serait comment ?
Au début, je pensais que ça n'était là que pour permettre au reste de ma peau d'être lisse.
Un peu comme cette pince à linge derrière les vêtements des mannequins dans les vitrines des magasins.
Un pli, un surplus de peau...
- Comment décririez-vous votre vagin ?
Très vite, j'ai compris combien cet endroit pouvait être agréable. Passons sur les détails, ce sont toujours les mêmes. Peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse...
"Ayant avecque lui toujours fait bon ménage,
J'eusse aimé célébrer, sans être inconvenant,
Tendre corps féminin, ton plus bel apanage,
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant."
C'est aussi, malheureusement, l'endroit de ma personne qui, indirectement, m'aura causé le plus de migraines, de maux de ventre, de sensations désagréables.
- S'il pouvait parler, que dirait-il ?
Le plaisir n'est finalement pas ce que l'on croit : c'est une avance sur ce que l'on doit...
"C'est la grande pitié de la langue française,
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur,
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
À cet incomparable instrument de bonheur.
Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques,
Tendre corps féminin, c'est fort malencontreux
Que ta fleur la plus douce et la plus érotique
Et la plus enivrante en ait un si scabreux.
Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres, pas plus, familier, coutumier,
Il est inexplicable, il est irrévocable,
Honte à celui-là qui l'employa le premier.
Honte à celui-là qui, par dépit, par gageure,
Dota du même terme, en son fiel venimeux,
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure,
Celui-là, c'est probable, en était un fameux.
Misogyne à coup sûr, asexué sans doute,
Au charme de Vénus absolument rétif,
Était ce bougre qui, toute honte bu', toute,
Fit ce rapprochement, d'ailleurs intempestif.
La malepeste soit de cette homonymie!
C'est injuste, madame, et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens."*
*Georges Brassens, évidemment. Le Blason.
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14.04.2009
Même en ouvrant sa fenêtre
Je n'ai pas vu les monologues du vagin , mais j'ai retrouvé une chanson (antédiluvienne autant vous prévenir) qui a quelque chose à voir.
C'était une maison douce, une maison de bon aloi.
juste ce qu'il faut de mousse répartie aux bons endroits,
assez de murs pour connaître une chaleur bien à soi
et ce qu'il faut de fenêtres pour regarder sans effroi.
(Refrain)
Non, non, je n'invente pas,
mais je raconte tout droit.
Elle ouvrait parfois sa porte à ceux qu'elle choisissait.
La serrure n'est pas forte, maison, tu n'as pas dé clé,
mais avec sa confiance jamais elle ne pensa
qu'on pût user de violence pour pénétrer sous son toit.
(au Refrain)
Advint qu'un jour de malchance une bande s'approcha.
On sonne à la porte, on lance des coups de pieds ça et là.
A plusieurs, on s'encourage, on prétend qu'elle ouvrira,
et commence le saccage, la porte on l'enfoncera.
(au Refrain)
Sauvagement ils pénètrent, dévastant tout devant eux.
Ils obligent les fenêtres à s'ouvrir devant le feu.
Avec leurs couteaux ils gravent des insultes sur les murs,
et s'en vont faisant les braves quand tout n'est plus que blessure.
(au Refrain)
La maison, depuis ce crime, n'a plus d'âme ni de nom ,
mais elle n'est pas victime, c'est de sa faute, dit-on.
Il paraît qu'elle a fait preuve d'un peu de coquetterie
avec sa toiture neuve et son jardin bien fleuri.
(au Refrain)
D'ailleurs, une maison sage ne reste pas isolée:
celles qui sont au village se font toujours respecter.
Quand on n'a pas de serrure, il faut avoir un gardien.
C'est chercher les aventures que de fleurir son jardin.
(au Refrain)
Si vous passez par la route et si vous avez du c?ur,
vous en pleurerez sans doute, c'est l'image du malheur.
Mais rien, pas même vos larmes, ne lui portera secours.
Elle est loin de ses alarmes, elle est fermée pour toujours.
(au Refrain)
Si j'ai raconté l'histoire de la maison violentée,
c'est pas pour qu'on puisse croire qu'il suffit de s'indigner.
Il faut que cela s'arrête, on doit pouvoir vivre en paix,
même en ouvrant sa fenêtre, même en n'ayant pas de clé.
(au Refrain)
Non, non, je n'invente pas. Moi, je dis ce que je dois.
Paroles trouvées ici
23:54 Publié dans Les monologues du vagin | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.04.2009
Les monologues du vagin
Collusion dans l'actualité.
Tandis que certaines s'enflammaient sur le net pour dénoncer les tristes paroles d'un chanteur de Rap, la New-Yorkaise Eve Ensler, mondialement célèbre depuis qu'elle a écrit «Les Monologues du vagin», débarquait (trop) discrètement à Brest.
Par le plus grand des hasards, au même moment, j'étais moi-même invitée par mes stagiaires à aller voir avec eux la pièce au théatre.
Monologues du vagin. La pièce qui a changé le monde
L’histoire des Monologues du vagin commence en 1994. Eve Ensler, 41 ans alors, ex-étudiante en poésie, ex-alcoolique, auteur de théâtre underground depuis ses 20 ans, militante antinucléaire et travailleuse bénévole auprès des SDF, se rend en Bosnie pour parler avec des femmes violées. L’expérience lui inspire le monologue Mon vagin, mon village.
J'aime transcender l'amour car jesuis un romantique. Et le réduire à ce mot cru et anatomique, a pour effet chez moi de tuer l'amour."
"Encore un drame du micro mal éteint. La chanteuse Britney Spears a vécu un grand moment de solitude à la fin d'une chanson dimanche soir, lors d'un concert de sa nouvelle tournée en Floride.
On passe des rires aux larmes en quelque instant, du sérieux de la prostitution, voire au tragique du viol, à des considérations bien plus légères sur la masturbation féminine & ses tabous...
Bref, tout ce dont votre copine ne vous parlera jamais. A quand donc les monologues mixtes...?"
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Mon vagin, mon village
Mon vagin était une fraîche prairie vert et rose. Les vaches paissaient, mon fiancé me caressait tendrement avec un fétu de paille blonde.
Il y a quelque chose entre mes jambes. Je ne sais pas ce que c'est. Je ne sais pas où c'est. Je ne veux pas y toucher. Plus maintenant. Plus depuis. Plus jamais.
Mon vagin était bavard, il ne pouvait attendre, il en disait, il en disait.
Depuis que je rêve qu'il y a un animal crevé cousu entre mes jambes avec du fil noir, il ne parle plus. Et l'odeur horrible de l'animal mort m'envahit. Et sa gorge tranchée saigne et tache mes robes d'été.
Mon vagin connaissait toutes les chansons de femmes, toutes les chansons paysannes, toutes les chansons des forêts d'automne, toutes les chansons du pays.
Depuis que les soldats y ont glissé le canon de leur fusil, il ne chante plus. L'acier était si froid qu'il m'a glacé le coeur. Vont-ils tirer, vont-ils l'enfoncer jusqu'à mon cerveau qui se tord de peur; je ne sais pas. Six d'entre eux, monstres affreux encagoulés de noir, m'enfoncent des bouteilles aussi et des matraques et un balai.
Mon vagin était l'eau d'une rivière où il faisait bon se baigner, eau claire, courant sur les pierres inondées de soleil, sur la pierre de mon clitoris, encore et encore.
Depuis que j'ai entendu la chair se déchirer avec un bruit strident, la rivière ne coule plus. Plus depuis qu'un morceau de mon vagin, un morceau de ma lèvre est resté dans ma main.
Mon vagin. Village vivant, doux et chaud. Mon vagin, là où je suis née.
Depuis que, pendant sept jours, ils m'ont chacun à leur tour, puant la merde et la pourriture, inondée de leur sperme immonde, je n'y habite plus. Je suis devenue une rivière charriant le pus et les poisons et toutes les récoltes sont mortes et tous les poissons.
Mon vagin, village vivant, doux et chaud.
Ils t'ont envahi. Massacré.
Incendié.
Je ne peux plus te toucher.
Je ne peux plus venir te voir.
J'habite ailleurs à présent.
Ailleurs. Mais je ne sais pas où c'est.
13:13 Publié dans Les monologues du vagin | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




