09.02.2009

Ce que la crise a changé pour moi ?

Ma réponse est courte : tout.

gandhi yoga.jpgL'accélération de ma prise de conscience sur l'urgence à agir en dehors des cadres traditionnels. Le tsunami qui s'annonce ne doit pas nous faire peur, ne doit pas être un prétexte à notre recroquevillement, à l'émergence de réflexes protectionnistes, de défiance et de haine de l'Autre.

C'est au contraire le moment de s'ouvrir, de se lancer. De tout réinventer. La 3ème révolution, comme le dit si bien Fred Vargas, nous y sommes.

Elle est l'incarnation que tous nos repères d'hier sont obsolètes. Que notre élite s'est trompée. Elle n'a rien vu venir. Ils sont largués.

Une crise économique, c'est le moment de monter son entreprise, individuelle, SCOP, Sarl, qu'importe, mais de la monter sous d'autres logiques de rémunération du capital, de travailler en coopération avec des personnes qui partagent nos valeurs, de choisir pour qui et pourquoi on donne son énergie, ses idées.
Il existe des solutions.
Une crise environnementale, c'est le moment de repenser tout nos modes de vie, de production, de logement, de transport.
Il existe des solutions.

Une crise politique, syndicale et institutionnelle, c'est le moment d'inventer une autre façon de s'engager au service de l'intérêt général.
Il existe des solutions.
Une crise financière, c'est le moment de changer de banque, ou d'en créer de nouvelles, si nous n'en trouvons pas qui nous convienne.
Il existe des solutions.
Une crise médiatique, c'est le moment d'intensifier les prises de paroles sur internet, de ne plus acheter les journaux qui nous ont déçu, de trouver des moyens de financement pour celles et ceux qui veulent en faire un travail,
Il existe des solutions.
Une crise alimentaire, c'est le moment de changer sa façon de consommer, de chercher une AMAP à côté de chez soi, de changer de crémerie, de regarder les étiquettes, le contenu, la provenance, le prix.
Il existe des solutions.
Une crise tout court, c'est pleins de personnes dans qui sombrent, c'est le moment d'ouvrir les yeux et donc les bras. A côté de chez soi, sur son pallier, dans sa famille, à l'inconnu.
Il existe des solutions.
Une crise, c'est la mort annoncée d'une société et la naissance d'une autre.
Les solutions sont là, sous nos yeux, il va falloir apprendre à les voir et à les développer.

Quitterie

Le roi est nu

andersen_roi_nu.JPGN'ayant pas d'économies suffisantes pour avoir pu les placer chez Madoff, n'ayant pas d'actions, ni même d'assurance vie, juste un livret A et un plan épargne logement (je sais c'est ringard) la crise financière ne m'émeut guère. Et je suis plutôt contente de savoir que les cotisations que je verse aux régimes de retraites vont bien dans le porte-monnaie de nos papys et mamys, même si ça ne me dit pas ce que je toucherai moi quand j'aurai leur âge.

En réalité cette crise a au moins un aspect positif. Elle montre enfin que ce système économique et financier soi disant impossible à abandonner car il n'en existe pas d'autre capable de nous assurer la croissance , n'est qu'une vaste escroquerie.

Vous connaissez certainement ce compte d'Andersen ! "les habits neufs de l'empereur".

Deux escrocs prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes intelligentes peuvent voir et proposent au souverain de lui confectionner avec le plus beau des vêtements .

Les essayages commencent et bien entendu personne ne voit rien, mais comme les autres s'extasient, chacun y va de son compliment ayant peur de passer pour stupide en avouant ne pas voir l'étoffe magique.

Ainsi vétu l'empereur défile parmi son peuple et il ne se trouve qu'un enfant pour reconnaitre qu'il est nu.

Aujourd'hui tout le monde peut voir que le roi est nu. Pourtant, les premiers responsables de cette situation , ceux qui devraient se couvrir la tête de cendres et partir méditer dans le désert sur la vanité humaine, s'empressent de nous prévenir que ça va être dur, qu'il y aura des larmes et du sang mais qu'ils sont en train d'arranger ça.

et que font-ils ? Ils colmatent. Ils renflouent le secteur automobile, ils aident les compagnies aériennes à acheter des avions et ils jettent quelques miettes au bon peuple qui s'agace. Ils espèrent qu'une fois épongées les subrimes et autres créances pourries ils pourront à nouveau gagner beaucoup d'argent et ils vont se rassurer entre eux à Davos.

Alors pour moi, la principale conséquence de la crise est de me redonner envie de crier que le roi est nu, qu'il est temps de s'interroger sur les fondements idéologiques du système. Et que la question à poser est de celles qu'un enfant comprend : à quoi sert l'économie ?

Olympe

L

 

La crise ou prise de conscience collective

colombe.jpg

La crise immobilière, boursière, énergétique, je m'en lave les mains : j'ai refusé de signer des prêts bancaires à taux variable, refusé d'être propriétaire d'une maison en carton pâte, refusé les PEL, PEA, assurances vies, en attendant que la crise passe et trépasse.

La crise fédère les gens entre eux, la solidarité s'organise, les gens ont compris qu'ils pouvaient consommer moins et autrement. Les salaires n'augmentent pas, choisissons de dépenser moins. Voiture, alimentaire : privilégions les produits Bio, achetés directement aux producteurs, nous maintenons ainsi une agriculture saine et les emplois qui vont avec. Nous avons les moyens et les outils d'agir pour notre environnement, nous pouvons, en ces temps de crise, regarder les tours financières et les chateaux de carte s'effondrer sans que celà ne nous touche plus que celà. Vous êtes licenciés ? Devenez auto-entrepreneur, prenez votre vie en main, choisissez votre destin.La crise ? Pour qui ? Pourquoi ? Pour ceux qui ont joué avec nos vies tout ce temps durant ?

La crise c'est une prise de conscience collective contre ces géants financiers aux tours d'argent.Tu secoues le cocottier un peu trop fort, tout s'effondre, que reste t-il ? NOUS.


Dates et lieux des projections sur www.brutprod.com

Combien de politiques ont expérimenté dans leur propre vie cette réalité de merde ?

Voyons, voyons… Quand on évoque la crise, on parle de chômage, de baisse de pouvoir d’achat, de crise immobilière. Alors je crois avoir un peu de grain à moudre là-dessus.


bulle_immobiliere.jpgCommençons par la crise de l’immobilier. C’est à l’été 2007 que la crise des subprimes déclenche une première chute des marchés boursiers. Tout cela me semble bien loin de mes préoccupations. Pas vraiment passionnée par le monde de la finance et de la spéculation, je n’ai jamais fait l’effort de tenter d’en comprendre les rouages. Aujourd’hui encore, je n’ai d’ailleurs toujours pas tout capté.

Tout cela pour dire que je ne prends pas cette réalité en compte quand en janvier 2008, tentant de gérer par avance une situation personnelle que je prévois tendue, j’envisage de vendre ma maison, de rembourser par anticipation ce qu’il me reste à courir de crédit et de racheter cash un logement plus petit. Le marché de l’immobilier se porte encore bien, j’habite un quartier très prisé où les annonces de ventes de maisons ne restent pas une semaine, je prends donc le problème à l’envers en commençant par chercher un appartement à acheter. Une fois le futur nid trouvé, le compromis de vente signé, je mets en vente mon bien dans plusieurs agences et en direct sur le net. Nous sommes au joli mois de mai, c’est la bonne période, le jardin est adorable, il croule sous les roses, la maison est baignée de lumière, ça ne devrait pas être trop long. Beaucoup de visites mais pas ou peu de propositions. Je suis déjà trop chère, pas si je me réfère aux prix du début de l’année, mais tout se passe très vite et les unes des journaux ne parlent que de la baisse des prix de l’immobilier et de la crise. A partir de la mi-juillet, les visites cessent alors que je signe l’achat définitif de mon appartement fin août avec le démarrage d’un crédit relais. Ca commence à devenir chaud et pendant ce temps là les agences immobilières ne reçoivent plus d’appels d’acquéreurs potentiels. Je ne suis pas d’une nature bilieuse mais parfois la nuit, j’y pense et je ne suis pas trop à l’aise…

 

Ma bonne étoile ne m’abandonne malgré tout pas totalement quand à l’automne des copains me contactent, viennent visiter ma maison, chopent le coup de cœur. Encore quelques semaines de négociations où je revois mes prétentions très à la baisse et je serai enfin délivrée définitivement du crédit relais en janvier de cette nouvelle année. Le jour de la signature chez le notaire je n’ai plus qu’une obsession : courir à la banque leur refiler le chèque et arrêter l’hémorragie. A ce moment là le crédit relais de mon acheteuse démarre. Je ne lui dis rien mais j’ai vraiment le sentiment d’une chaîne de galère que l’on se refile !


8zr8wxsv.jpgSinon, en avril 2008, je viens grossir les chiffres des statistiques du chômage en m’inscrivant à l’ANPE. Là aussi, j’ai tenté préalablement de ne pas rester trop longtemps dans cette situation, en réalisant un bilan de compétences censé m’aider à mettre en forme un CV de qualité. Dès le premier rendez-vous, on me conseille surtout de me servir de mes réseaux car il n’y a pas d’annonces me correspondant. Au bout de trois mois d’inscription, on est suivi mensuellement par un conseiller. J’ai affaire à une charmante jeune femme mais je me rends compte bien vite que je ne rentre pas dans les cases et c’est là où je découvre le code ROME. A chaque entretien que nous avons je la sens encore un peu plus navrée, elle acquiesce volontiers à toutes mes demandes de formations genre Recherche active d’emploi ou Création d’entreprise. Je constate d’ailleurs que l’on m’incite vivement à créer mon entreprise. Au départ, l’idée ne m’emballe pas plus que cela, je l’ai déjà fait et le statut de salariée me paraît nettement plus confortable. Pendant ce temps là, je repère ce que je peux comme annonces correspondant à mon profil, elles ne sont pas légion et je travaille consciencieusement mes lettres de motivations et mes CV à chaque fois remasterisés au regard du poste proposé. Au mieux, je reçois un accusé de réception puis en général 2 à 3 mois plus tard une missive type « malgré tout l’intérêt, etc. »

20080612EmploiInside.jpgEt puis il y a cette réalité cruelle, j’ai presque 50 piges, à l’évidence ça n’inspire pas trop les employeurs ! Ce qui fait que lorsque j’annonce courant novembre à ma conseillère que je me décide à me lancer dans une création d’entreprise, la voilà immédiatement soulagée. Je crois comprendre que je passe dans une autre colonne de leurs fichiers, elle n’aura donc plus à assurer mon suivi mensuel. Me voici dispensée de cet exercice. De mon côté, je reconnais que je n’en pouvais plus de cette attente angoissante et culpabilisante avec ces questionnements (Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que je suis une merde qui ne vaut plus rien sur le marché du travail ?), tout un tas d’interrogations pas vraiment satisfaisantes pour l’ego et particulièrement plombeuses de moral.


Voili, voilou, je suis toujours inscrite à l’ANPE, en phase étude de marché et définition de mon projet. J’ai croisé dans mes formations des gens dont la situation m’est apparue bien pire que la mienne parce qu’ils n’ont pas les capacités, les armes, les ressources internes qui leur permettront de rebondir. Beaucoup étaient abreuvés d’anxiolytiques comme la seule réponse de la société à leurs difficultés. Je ne sais pas encore si je vais m’en sortir mais je sais qu’il y a beaucoup de personnes broyées par cette machine infernale et dont les chances de survie dans cette jungle me paraissent bien minces. Alors j’aurais mauvaise grâce de me plaindre…


Dernière réflexion que je m’étais faite lors d’un stage Recherche active d’emploi : Combien de politiques ont expérimenté dans leur propre vie cette réalité de merde ? M’est avis qu’ils ne doivent pas être bien nombreux !


Laure

Dans les grandes crises, le coeur se brise ou se bronze.

"Dans les grandes crises, le coeur se brise ou se bronze". 
Balzac
 
Un petit billet intimiste pour parler de la crise? Oui parce que tous les discours sur son aspect sytémique ne peuvent rendre compte du vécu de ceux qui la subissent...
 
Européenne vivant en France, de classe dite "moyenne", c'est d'abord professionnellement que je la côtoie quotidiennement. Avec des clients dirigeants de TPE et PME qui déposent le bilan. Avec d'autres patrons qui sont malades de devoir réduire leurs effectifs et couper les budgets de formation pourtant indispensables à l'employabilité de leur personnel en cette période... Et encore d'autres qui ne se prononcent pas encore, et ne cachent pas le flou de l'avenir de leur structure...
Et en même temps, je rencontre des managers qui nient complètement l'impact de cette crise en exigeant des objectifs dignes d'une période "normale" en préconisant de ne pas écouter les infos et d'avancer...
De la soumission au déni, l'influence sur les individus révèle la capacité de résistance et d'adaptabilité des personnes qui souhaitent dépasser les conflits d'intérêt et sauver le dynamisme d'une activité coûte que coûte, chacun à sa manière, dans le respect ou dans le mépris.

 
Et puis, je la rencontre aussi dans mon entourage et dans la vie civile... Suffit de regarder autour de soi. De ceux qui "récupèrent" la crise dans une visée de pure propagande à ceux qui continuent de voir leur situation se précariser davantage, les attentes de réponses ne trouvent pas de satisfaction. Et cela nourrit ma révolte vis à vis des gouvernements actuels qui sont à côté de la plaque, effectuent des revirements de situation dans leurs décisions et pseudo-réformes, et ne montrent aucune humilité face à leurs erreurs monumentales de stratégie et de "projet de société" fondé sur l'argent et le pouvoir, et surtout pas sur la solidarité, l'humanisme, aujourd'hui essentiels et qu'on ne peut inculquer par un coup de baguette magique...

 
Quant à moi, si je suis affectée professionnellement et politiquement, je ne le suis pas moins moralement...
Si je regarde autrement mes dépenses, j'essaie de m'imposer une rigueur et une prudence dans ma gestion... je ne parle pas d'austérité mais d'une volonté de prendre mes responsabilités vis à vis de ma vie et de celle de mes proches, de penser durable aussi bien chez moi que dans tous les domaines. Je tente de pratiquer la FRUGALITE parce que je ne souffre pas de PAUVRETE, appliquant les préceptes de Michel Camdessus; tenter d'être humain et donc pas indifférent mais sensible, sincère, sans toujours avoir la puissance de participer, d'aider. Parce que la puissance n'est rien sans le projet...


 
Mon coeur ni ne se brise ni ne se bronze, il s'ouvre et brise des murs... enfin plus modestement, il le tente. Pas seulement par altruisme mais également pour ne pas attendre béatement des solutions venant d'en haut de la part de ceux qui ont brisé toute éventuelle confiance, mais pour rester en veille, alerter et PROPOSER puisque c'est le rôle d'une femme engagée... La remise en question des repères encourage toute la créativité...

 

Mais cette crise trouve sa voix et ses témoignages sur le net... ce qui est rassurant. Plus rien n'est comme avant. (sites/blogs : Actuchômage, Chômeurs et précaires, Journal de bord d'une mère sans logement,...) 

 

 

Nelly

Femme au bord de la crise

 

Au début de l'histoire,IMG_8785.JPG

j'apprends un nouveau mot.... "subprime". Anglais le mot. Je note.

Et puis après tout va très vite,

je fait la connaissance de Jérome Kerviel,

j'apprends à compter jusqu'à 4,9 milliards (d'euros)

j'assimile quelques rudiments de la bourse,

je découvre l'existence d'un certain Bernie Madoff l'américain et de sa pyramide à 50 milliards de dollars.

je compte les zéros. Beaucoup quand même.

Je trouve Jérome Kerviel petit joueur.

Je regarde dégringoler mon assurance-vie,

j'angoisse.

Je récupère mon assurance-vie,

pardon les enfants.

Je sais élever mes fils,

faire le ménage,

vendre mon appartement,

acheter ma maison,

maigrir,

grossir

trouver l'amour,

éplucher 2 carottes, un poireau, 2 pommes de terre, faire une soupe maison, cool.

Je n'achète plus jamais de cerises en hiver

et je fait des colliers de nouilles.

Je sais dépenser malin,

bricoler une étagère en boites d'allumettes,

(re)décorer mon appartement.

Mon intérieur ressemble à une photo du catalogue Fly, je suis contente.

M6 est mon coach. Je suis devenue une femme parfaite.

Je découvre Julien Courbet qui parlent aux pauvres,

un simple cul de bouteille en plastique, un peu de colle, une fermeture éclair, HOP, j'ai une magnifique trousse pour mon fils qui est très content.

Le Mac Gyver de la télévision publique, le Julien.

Je peaufine mon bronzage avec deux vieux sachets d'Earl Grey

et j'ai enfin les dents blanches grâce au bicarbonate de soude.

Merci Julien Courbet.

Au revoir Julien Courbet.

J'apprends qu'il existe en France, une ultra-gôche très méchante et je tremble.

Je ne sais toujours pas à quoi sert Ariane Massenet,

Je revends tout sur Ebay

je vends mon corps au plus offr..

Je (re)découvre la télévision de papa,

je perds ma pub du soir, je ne vais plus faire pipi.

Je kiffe Frédéric taddéi,

je m'endors devant.

Je culpabilise.

Je suis amoureuse de Barack,

je ne fréquente plus les magasins de hard discount,

je culpabilise.

Je ne mange plus de viande, découvre le quinoa, les magasins bio

et faire les courses me prends l'après-midi.

Je culpabilise.

Je traîne chez Emmaüs, mais je l'ai toujours fait. J'aime. Il y la queue à la caisse maintenant.

Je surveille mon porte-monnaie ou pas.

J'apprends un jeudi soir, que "nous traversons une crise comme le monde n'en a jamais connu depuis un siècle".

Et donc....?

J'attends.

Je regarde avec suspicion ma banquière,

je doute.

Et puis non.

Je culpabilise.

Je respire.

Je ne sais plus.

Je me dis que "jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien...."*

et je m'écrase sur le bitume.

La femme de George(s)

La crise ? Oui mais quelle crise ?

Après le "pouvoir d'achat" qui a fait long feu au grand dam de ceux qui y avaient cru, voilà que le petit Nicolas se penche sur les "classes moyennes" qu'il aurait donc décidé de "sauver" !!

Baisses d’impôts, augmentation des allocations familiales, partage du profit (??!?) à l’intérieur de l’entreprise, en trois ou quatre mesures lancées à la face des téléspectateurs - sans doute tout esbaudis - le roi de la prestidigitation nous sort encore quelques millions de sa manche : "hop ! hop ! hop ! Et voilà, Madame, regardez mon beau lapin ! "

Madame Hypos est scotchée à son canapé. Va-t-elle applaudir l'artiste ?…savoir_rebondir.gif

Las ! Madame Hypos n’est pas impressionnée...

C'est que Madame Hypos et sa tribu n'ont pas senti le vent de la tempête financière :n'ayant nulle économie en banque, la famille n'a pas craint de perdre son matelas de billets.

Pareillement, les perspectives d'une tourmente économique laisse la smala quasi indifférente. Elle s'est habituée depuis fort longtemps à une situation précaire, la microscopique entreprise maternelle ne permettant pas de mener grand train, sauf de façon ponctuelle, lorsque les Dieux du  buziness se penchent inopinément sur elle, ce qui est assez rare.

On a donc appris à jongler avec ce que l'on a (ou pas) en fonction des mois ou des années. Faire son pain soi-même ou  s’offrir des croissants, varier les plaisirs autour d’une patate ou filer au resto pour cause de flemme, piquer des fringues aux copines ou dévaliser un rayon pendant les soldes, camper à la ferme ou mener grande vie au ski, tout dépend du moment ! Et quand Madame Hypos questionne ses enfants pendant le dîner, tous répondent que non, la crise n’a rien changé pour eux.

Sauf que …


Madame Hypos ressent une sourde angoisse en permanence, qui pèse comme une épée de Damoclès. Elle s’inquiète plus que d’ordinaire des mois à venir. Elle frémit en regardant ses gosses qui ne connaissent pas encore, les bienheureux !, le cadeau empoisonné que leur prépare l’Etat dispendieux. Chaque tour de magie du mauvais génie laisse Madame Hypos un peu plus en colère, elle qui compte tout et craint de dépenser depuis quelques mois et s’est ouvert – pour la première fois de sa vie et à contre-temps – un petit compte secret pour économiser. Comme si ces quelques euros placés mois après mois pouvaient rembourser cette dette énorme et cette lourde responsabilité qu’on lui fait porter sans grande raison !

Ce n’est pas la crise qui tracasse Madame Hypos, ce sont les dégâts futurs.

 

imagenprot.php?ruta=OK2903C-FRANCE-ECONOMIE-IND.jpg&ancho=300&alto=255&tipo=4La France est trop endettée pour faire face à la crise

Philippe Séguin présentait mercredi 4 février le rapport 2009 de la Cour des comptes.
La dette publique de la France dépassait 1.200 milliards fin 2007 et le rapport annuel de la Cour des comptes estime qu'elle représente désormais quelque 50.000 euros par Français ayant un emploi.

Si les finances publiques suivaient la même évolution qu'après la récession de 1993, la dette de la France pourrait atteindre le taux record et insoutenable de 83% du PIB fin 2012, indique le rapport.

Nos marges de manoeuvre sont par ailleurs faibles si l'on considère que notre taux de prélèvements obligatoires est quasiment le plus élevé des pays de l'OCDE


Voir aussi

La dette de la France atteint un nouveau record France Info - 29 décembre 2008

La Cour des comptes pointe les trous dans le budget de l'Etat Europe1 -04/02/09

 

 

Par Hypos

 

Micro-trottoir : la crise et nous...

Mon vendeur de pizza :

« C’est la crise. Oui, ça va mal. Et 2009 sera bien pire que 2008, qu’ils ont dit…Ah ! ça fait peur, quand même. Quand on voit le prix des anchois, depuis quelques temps…Ah ! ben oui, j’ai bien été obligé d’augmenter un peu les tarifs…»

Mes élèves :

« Mais Madame ! Comme c’est la crise, c’est pas la peine d’apprendre ce que ça veut dire « hyperboooole »… » (Ils prononcent hyperball, parce qu’on vit dans une région où le foot mais aussi le moto-ball (si, si…) tient une place capitale…)

Mon banquier :

« Notre banque a trèèèèèèès bien résisté à la crise. On a été très prudent sur nos invsarkocrise.jpgestissements. Mais je ne vous cache pas que 2009 ne sera pas fameux. Par exemple, le taux des livrets A va chuter. Je vous conseille un petit PEA ? »

Mes collègues :

Le syndicaliste : « Elle a bon dos, la crise, pour casser le service publique…Mais c’est pas avec une école en ruine qu’on va reconstruire la France… »

La prof de lettres classiques : « Crise…Du latin crisis (« manifestation grave d'une maladie »), issu du grec κρίσις, krisis…C’est le capitalisme qui est une grave maladie, moi, j’vous l’dis… Capitalisme…du latin "capitalis", de "caput", la tête. Et quand la tête est malade…»

La prof d’histoire, du tac-au-tac : « Quand la tête est malade, il faut la couper…Hop ! A la guillotine ! D’ailleurs, je fais la révolution…avec mes quatrièmes ! »

Le prof de maths : « Tout ça, c’est juste une histoire de chiffres. C’est juste une crise systémique. C’est un réajustement nécessaire de la machine qui fonctionne de manière cyclique… »

Le prof d’EPS : « T’es bien gentil Pierrot, -c’est le prof de maths- en attendant, j’ai un bon tiers des élèves obèses parce qu’ils bouffent de la merde (c’est moins cher), un quart qui prend des malaises le matin parce qu’ils n’ont pas pris de petits déjeuners et quelques scarifiées, quelques anorexiques…Les gosses vont pas bien, parce que leurs parents subissent la crise de plein fouet. Systémique ou pas. »

( Dessin d'Erby Kezako, trouvé sur le site Ruminances)

 

Et moi, et moi, et moi ?

« Moi, ça va, merci.

Mais la crise est avant tout une prise de conscience. Le système va mal mais on renforce quand même le système. Les pauvres restent sur le carreau, les riches s’en mettent plein les poches.  C’est pas nous qui sommes responsables de la crise, et pourtant c’est nous qui allons la payer !»

Sarkozy : « Cette dame a raison ! »

CC (Bah !? by CC)