14.04.2009

Même en ouvrant sa fenêtre



Je n'ai pas vu les monologues du vagin , mais j'ai retrouvé une chanson (antédiluvienne autant vous prévenir) qui a quelque chose à voir.

 

C'était une maison douce, une maison de bon aloi.
juste ce qu'il faut de mousse répartie aux bons endroits,
assez de murs pour connaître une chaleur bien à soi
et ce qu'il faut de fenêtres pour regarder sans effroi.

(Refrain)
Non, non, je n'invente pas,
mais je raconte tout droit.

Elle ouvrait parfois sa porte à ceux qu'elle choisissait.
La serrure n'est pas forte, maison, tu n'as pas dé clé,
mais avec sa confiance jamais elle ne pensa
qu'on pût user de violence pour pénétrer sous son toit.

(au Refrain)

Advint qu'un jour de malchance une bande s'approcha.
On sonne à la porte, on lance des coups de pieds ça et là.
A plusieurs, on s'encourage, on prétend qu'elle ouvrira,
et commence le saccage, la porte on l'enfoncera.

(au Refrain)

Sauvagement ils pénètrent, dévastant tout devant eux.
Ils obligent les fenêtres à s'ouvrir devant le feu.
Avec leurs couteaux ils gravent des insultes sur les murs,
et s'en vont faisant les braves quand tout n'est plus que blessure.

(au Refrain)

La maison, depuis ce crime, n'a plus d'âme ni de nom ,
mais elle n'est pas victime, c'est de sa faute, dit-on.
Il paraît qu'elle a fait preuve d'un peu de coquetterie
avec sa toiture neuve et son jardin bien fleuri.

(au Refrain)

D'ailleurs, une maison sage ne reste pas isolée:
celles qui sont au village se font toujours respecter.
Quand on n'a pas de serrure, il faut avoir un gardien.
C'est chercher les aventures que de fleurir son jardin.

(au Refrain)

Si vous passez par la route et si vous avez du c?ur,
vous en pleurerez sans doute, c'est l'image du malheur.
Mais rien, pas même vos larmes, ne lui portera secours.
Elle est loin de ses alarmes, elle est fermée pour toujours.

(au Refrain)

Si j'ai raconté l'histoire de la maison violentée,
c'est pas pour qu'on puisse croire qu'il suffit de s'indigner.
Il faut que cela s'arrête, on doit pouvoir vivre en paix,
même en ouvrant sa fenêtre, même en n'ayant pas de clé.

(au Refrain)
Non, non, je n'invente pas. Moi, je dis ce que je dois.

 

Paroles trouvées ici

 

Olympe

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://femmesengagees.hautetfort.com/trackback/2147166

Commentaires

Ah ! Anne Sylvestre ! toute une époque...

Je me souviens que, dans ma jeunesse, courait la blague suivante : comme Anne Sylvestre n'a plus de succès, elle se fait passer pour un homme et rechante sous le nom d'Yves Duteil...

OK, je sors.

Ecrit par : Didier Goux | 15.04.2009

j'ai toujours bien aimé Anne Sylvestre. Une époque où être féministe n'était pas une tare

Ecrit par : olympe | 16.04.2009

eho !!! "tout une époque" ??
non seulement elle n'est pas morte, mais elle est toujours aussi féministe, précise, précieuse, bien vivante par les temps qui courent. (Aucun rapport avec Yves Duteil...)
Qu'on en juge : http://www.annesylvestre.com/discographie_adulte_disponible.htm
Elle chante à Pézenas ce samedi, et à Aubervilliers le 13 mai (à l'Espace... Fraternité ! et c'est vrai...)
Cinquante ans que ça dure, sans que les télés en parlent.

Ecrit par : fanchon | 16.04.2009

Ho bon sang, grâce à vous j'ai redécouvert Anne Sylvestre, dont je ne pensais pas trouver la discographie en écoute sur deezer. Et bien... Waw.

Ecrit par : lledelwin | 16.04.2009

Dans les années 60, parmi des textes réellement poétiques, Anne Sylvestre écrivait et chantait : "Pleure, pleure, Maryvonne, ton ami je te l'ai pris, ça n'a étonné personne, le village en a bien ri". Et puis, dans les années 80, la vilaine copine de Maryvonne est devenue une vraie "frangine" et d'autres textes remarquables dont (et surtout) "Une sorcière comme les autres" sont restés ancrés dans la mémoire de celles qui ont suivi sa "carrière" et le resteront sans doute après... Alzheimer.

Ecrit par : Anna Livia P. | 26.07.2009

Ecrire un commentaire