02.04.2009
pourquoi la jeunesse se soumet-elle à la réalité ?
La mémoire n'est jamais qu'une reconstruction des faits et mes 20 ans étant assez lointain, il m'est difficile de me souvenir vraiment de ce que j'étais . Mais ce fût un bel âge.
Il me semble que le plus important pour moi était de me retrouver avec mes amis. Nous chantions « San Francisco » autour d'un feu de camp et d'une guitare, nous refaisions le monde et nous rêvions d'une communion qui durerait toute la vie, dégagée de toutes les contingences matérielles.
En même temps nous nous engagions dans des études et nous savions qu'une fois la parenthèse terminée il nous faudrait entrer dans la société. Ce n'était pas pour tout de suite, et nous ne doutions guère que, étant tout à fait géniaux nous allions réussir des choses géniales. Lesquelles ? Nous verrions bien.
En tout cas grâce à nous le monde allait changer pas boulot-métro-dodo mais des activités qui permettraient de se réaliser, pas des vacances pépères en caravane mais des aventures, moins d'injustices, pas d'importance accordé à l'argent (nous n'en avions pas beaucoup et étions très heureux) et toute la place pour l'amitié et la découverte des autres.
Quelques années plus tard , les études se terminant, le principe de réalité nous a rattrapé. Je ne m'en suis pas aperçu alors mais notre vision du monde, la mienne en tout cas, a radicalement changé. Bien sur les copains, la musique … mais le plus important était désormais de faire ses preuves. S'insérer dans une société, dans une entreprise, un emploi et montrer de quoi on était capable. Justifier qu'on avait une place dans la société, qu'on méritait l'argent gagné .
Et si il y a une chose dont la maturité m'a libérée c'est bien celle ci : l'obligation d'être quelqu'un. Plus rien à prouver à personne aujourd'hui. Je suis ce que je suis et je trace, comme je peux mais aussi comme je veux mon chemin.
21:34 Publié dans La jeunesse | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





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Commentaires
Rassurez-moi : vous avez pondu ça bourrée ? Non, parce que, d'habitude, vous dites tout de même des choses, et vous les exprimez en français de tous les jours...
Écrit par : Didier Goux | 02.04.2009
non, j'aurais peut être du
Écrit par : olympe | 03.04.2009
Oh, je trouve que c'est assez bien exprimé, mais oh combien loin de la jeunesse de ces jours-ci ! Témoignage qui rend d'autant plus cruel le pessimisme, l'absence de rêve et d'espoir qu'on rencontre si souvent sous le crâne de nos élèves, nous les profs de français, qui leur enseignont poésie et éloquence !
Écrit par : Stedtansky | 03.04.2009
Darling Didier, l'erreur n'est pas du côté de la blogueuse, mais des lecteurs qui ne lisent pas bourrés, voyons...
Écrit par : Irène | 04.04.2009
la question du titre me parait curieuse..surtout après lecture : n'est ce pas la maturité qui soumet à la réalité plutôt ?
en fait quel âge avez-vous ;)) , j'avoue être perplexe...
moi je veux bien que vous n'ayez plus rien à prouver à personne, mais j'en doute, parce que le 'comme je peux' prévaut en général le 'comme je veux', à moins d'être libéré complètement des contingences de la vie...
si la "maturité" (heu c'est quoi être mature ? ) libère de l'angoisse de l'injonction sociale à "être qq'un" , à "faire ses preuves", vous en avez le soucis je présume malgré tout...est-ce bien honnête ? parce qu'à moins de vivre en marge, vous avez envie de prouver que vous êtes ce que vous êtes, ne serait-ce qu'ici...
aujourd'hui le principe de réalité étant une grande claque dans tout ce qui pourrait rendre la vie supportable, un coup de pied dans nos gamelles et une fonte de nos capacités à vivre correctement ausi rapide que celle des glaciers, à se loger, à se soigner etc..., force est de constater que la soumission est contrainte.
la jeunesse, pour l'instant, essaie d'y échapper à coups de beuveries et de défonces, tellement elle a peur. Sa réalité à elle est mortifère...mais peut être comme la nôtre....
je me demande si cette "OBLIGATION" à être quelqu'un que vous évoquez, est bien à l'ordre du jour pour beaucoup aujourd'hui... ne serait-ce pas plutôt , la "NÉCESSITÉ" à être quelqu'un , dans ce contexte socio-politique ?
Écrit par : anne | 04.04.2009
Je suis "jeune", j'ai une sœur de 15 ans et je ne me sens pas soumise à la réalité. La réalité, je l'embrasse et je continue, chaque jour, de me fixer, de nouveaux objectifs, de bosser et d'y croire!
La plupart de mes ami(e)s font de même. Ils essaient de penser "pour" et non pas "contre". Je ne me sens pas flouée parce que mes parents ont eu une vie professionnelle peut-être un peu plus facile, ils m'ont donné assez de force et de ressort pour ne pas baisser les bras! L'espoir n'est pas mort.
Je ne sens pas d'obligation à être quelqu'un, je le suis déjà! Un quelqu'un qui change toujours, et c'est bien comme ça.
Écrit par : Marion | 05.04.2009
Irène, merci de votre soutien efficace !
Anne, il est possible que cette obligation d'être quelqu'un ne soit plus à l'ordre du jour des jeunes générations. tant mieux même si c'est surtout à cause des conditions difficiles. mais si vous regardez les gens qui sont au pouvoir aujourd'hui et qui ont l'age de la maturité (en principe) vous pouvez observer que pour la plupart être quelqu'un : le rang, la rolex etc... est capital et conditionne leurs actions
je ne prétends pas en être sorti complètement mais je sais que j'ai fait du chemin par rapport à ça .
Marion, vous confirmez les propos d'Anne, mais si vous avez moins de 20 ans vous n'etes pas encore totalement dans le principe de réalité
Écrit par : olympe | 06.04.2009
pourquoi pas:)
Écrit par : Nina_Tool | 19.09.2009
J'adore votre blog, je vous remercie pour votre aide et je partage complètement ce point de vue ! Permettez-moi d'insister, votre travail est bien bon, ce fut très enrichissant de vous lire... PS : Merci encore !
Écrit par : pronostic | 05.07.2010
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