16.02.2009
Et si on jouait collectif ?
J'ai gardé dans un de mes cahiers, cet interview de Josiane Balasko où elle répond au journaliste qui lui demande le pourquoi de son engagement auprès des sans-papiers :
" ....bien sûr, on me rétorque "vous, vous êtes bien logée, vous vous en foutez", Mais c'est justement parce que je suis bien logée que je peux me battre sans rien demander en retour.
Ceux qui ont du fric ont le devoir de lutter pour ceux qui n'en n'ont pas."
Il y a bientôt deux ans, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République française pour 5 ans, il y a bientôt deux ans, ma vie prends un nouveau virage.
Je me dois de lui reconnaitre un qualité : son élection a réveillé en moi, la citoyenne qui se la coulait douce depuis ...toujours.
Je me suis dit que j'étais maintenant à la moitié de ma vie de femme, que j'avais la chance d'avoir
du temps, de l'argent, la santé, que j'avais fait le tour de mon nombril des centaines de fois, que je n'étais plus trop fâché avec mon petit moi et qu'il était temps que je passe à autre chose.
Que je rende un peu à ma cité, ce que j'avais eu la chance de recevoir tout au long de ma vie malgré quelques sorties de route.
Pour moi l'engagement a deux sens complémentaires :
le premier, l'engagement comme conduite de vie :
mon blog, ici, ailleurs, l'écriture toujours, la prise de parole dans ma ville, le respect de mon environnement, de la vie en général et en particulier....
la conscience que seule je ne peux pas grand chose, mais que toi + toi + toi + vous + moi, on peut beaucoup plus.
Une histoire de petites rivières qui font les grands fleuves, n'est ce pas Hypos?
Le second lié à un acte précis, l'engagement comme acte :
je prends donc la décision de m'engager physiquement, de m'engager sans militer, militer n'est pas (encore) moi
et de faire quelque chose qui me trotte dans la tête depuis longtemps (mon parcours de vie sans doute),
faire de "l'accompagnement à personnes en fin de vie", en maisons de retraite et en soins palliatifs.
Un vieux fond de masochisme sans doute, je plaisante bien sûr.
En franchissant la porte de cette association, je n'imaginais pas l'ampleur et la difficulté de la tache....
L'aurais-je fais, si j'avais su ?
Probablement pas.
Probablement oui.
Depuis, je me prends quelques murs dans la face, je découvre l'aveuglement, le manque de moyens et la force d'inertie de certaines administrations et autres hopitaux de mon pays, mais au final, je reçois beaucoup plus que je ne donne et comme me l'a si joliment écrit mon référent dans cette association,
je tente de poursuivre ce chemin, ce choix, en gardant mon enthousiasme et en acceptant le plus "sereinement" possible mes limites.
Pas simple. Et je ne sais pas pour combien de temps encore....
Je crois que s'engager, c'est décider de sa trajectoire de vie, c'est "s'engager" dans une voie précise....
Mais Sartre nous dit aussi que l'engagement quel qu'il soit, c'est "affirmer la valeur de ce que nous choisissons", et que
la question n'est pas de savoir si l'on doit s'engager ou non, puisque
" tout existant est inévitablement engagé."
"Nous sommes condamnés à être libre, parce que nous sommes condamnés à choisir, même si notre choix est de ne pas choisir. "
Mais au final,
"l'homme n'est jamais plus libre que dans l'engagement",
et je ne me suis jamais senti aussi libre,
un peu vieille, un peu ridée, un peu boiteuse parfois, mais libre.
Allez sur ces bonne paroles, je m'en vais reposer mes quelques neurones épuisés d'avoir philosopher de si bon matin.
Bonne journée vous !!!!
12:05 Publié dans Pourquoi nous sommes-nous engagées ? | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





Commentaires
Je ne pense pas que l'exemple de Josiane B. dans l'absolu soit si bon que ca, enfin, on est tous libre de vouloir échapper à la si pesante pression fiscale de son pays.
Cela dit s'engager c'est bien, fédérer (pas roger) aussi :-)
Et comme dirait l'autre: " Ma force, c'est vous " !
Écrit par : pim | 16.02.2009
L'engagement comme conduite de vie et comme acte.
Merci de cette synthèse très explicite et dans laquelle je me retrouve.
Écrit par : annnieday | 16.02.2009
Bonjour femme de George(s)
Affirmer la valeur de ce que nous choisissons...
La preuve, les hommes et les femmes se retrouvent et s'engagent autour de valeurs communes...
La valeur, c'est ce qui est important pour nous et on s'engage au nom de ces valeurs.
C'est notre mission dans ce monde. Pour certains, c'est l'argent, pour d'autres la santé...
Et dans ce que tu as choisi, c'est vrai que les moyens manquent...
Tout existant est inévitablement engagé. Là, je ne suis pas sûre. L'engagement, pour moi, est volontaire, réfléchi, tend vers un but.
Le désengagement est différent. Il faut que j'y réfléchisse lol
Cordialement
Françoise Blanche
Écrit par : passage | 17.02.2009
pim : Josiane B. c'était juste pour cette phrase .....le reste, je ne me suis pas assez penchée sur le sujet :)
annieday: merci de me l'écrire....
Madame Blanche : Sartre part du principe que même un non-choix et un choix, donc pour lui tout existant est ...etc, etc..
mais c'est un beau sujet philosophique je trouve. J'aurais bien aimé l'avoir au BAC :)
s'il n'y avait que les moyens qui manquent ....mais en France c'est bien connu on ne meurt pas. La mort est tellement tabou de nos jours....
bonne journée et merci pour votre commentaire constructif
Écrit par : mrsclooney | 17.02.2009
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